Le gros jazz de Lovano

Joe Lovano
Photo: FIJM Joe Lovano

Joe Lovano vient à nouveau d’être nommé saxophoniste ténor de l’année par les critiques du prestigieux magazine Downbeat — son huitième titre depuis le début des années 2000. Et il a démontré samedi soir pourquoi.

 

Lovano dirige un des groupes les plus intéressants de la sphère jazz, le Us Five, qui a la particularité de comprendre deux batteurs. Au théâtre Jean-Duceppe en fin de soirée samedi, ce quintet a servi un jazz qu’on aime appeler du «gros jazz»: à savoir, une musique uptempo, bien bop, portée par des improvisations musclées, menée tambour battant (ou plutôt, batteries battantes), d’une grande richesse rythmique, au langage à la fois classique et moderne, on voit le genre? 

 

Bon gros jazz, vraiment.


Le charme Barber
 

Atmosphère fort différente en début de soirée avec Jill Barber, qui se produisait devant un Club Soda bien plein — et heureux de la retrouver. 

 

La chanteuse canadienne et francophile (elle a fait la moitié de ses interventions en français, tout le contraire d’une Nikki Yanofsky…) fut fidèle à elle-même: jouant parfaitement et ouvertement la carte du charme et de la romance (avec robes et paillettes en appui), bon dosage de ballades rétro-jazzy et de chansons plus rythmées, voix de textures délicates, accompagnement irréprochable de ses musiciens, la classe en talons hauts. 

 

Mais? On pourrait lui reprocher des interventions un peu trop fréquentes et longuettes au fil du spectacle. Jill Barber aime parler à son public, établir une connexion sentie, et c’est tout à son honneur (sa popularité au Québec tient en partie à cette générosité dans son rapport au public — elle a d’ailleurs passé 45 minutes après son spectacle de samedi à signer des disques). Mais bon: resserrer un peu cette vis permettrait une ou deux chansons de plus et un rythme mieux soutenu.