Le festival des cordes d’Harry Manx

Revoici Harry Manx à Montréal, du 26 au 28 juin, pour un vrai festival de cordes avec son croisement de blues et de musique indienne, son banjo, sa guitare construite avec une boîte à cigares et quelques instruments hybrides.
Photo: FIJM Revoici Harry Manx à Montréal, du 26 au 28 juin, pour un vrai festival de cordes avec son croisement de blues et de musique indienne, son banjo, sa guitare construite avec une boîte à cigares et quelques instruments hybrides.

En février, ce bon Harry Manx s’est fait voler puis a retrouvé sa Mohan Veena, singulier croisement entre la guitare et le sitar. L’affaire semble lui avoir donné des ailes et le revoici à Montréal, du 26 au 28 juin, pour un vrai festival de cordes avec son croisement de blues et de musique indienne, son banjo, sa guitare construite avec une boîte à cigares et quelques instruments hybrides. Au Gesù, il invitera successivement Charlie Hunter, Kevin Breit et David Lindley.

 

« J’ai choisi Kevin et David, alors que le FIJM m’a proposé Charlie. Je suis un fan de sa musique. Ce que j’aime de lui, c’est qu’il joue de la basse et de la guitare en même temps. Moi aussi, j’essaie de faire ça depuis des années. En plus, il a joué dans la rue en Europe, tout comme moi. » Harry raconte Hunter avec plein d’humanité. Il parle de l’americana qui devrait relier les deux artistes, de l’approche de son nouveau collègue, qui est souvent de prendre de vieilles chansons pour en faire de superbes interprétations en jazz. Hunter est le seul des trois avec qui il n’a jamais joué.

 

Avec David Lindley, il avait fait une tournée pancanadienne, mais ne s’était pas arrêté à Montréal. « On est tous les deux attirés par la musique indienne et les autres musiques du monde. Je dois dire que, si je joue de la slide, c’est à cause de lui. Je l’avais entendu il y a un quart de siècle et il m’avait donné le goût. » Dès la fin des années 1960, Lindley fut un pionnier des fusions mondiales. Depuis, il s’est intéressé aux musiques malgaches, arabes, asiatiques et turques, jouant entre autres des instruments comme la guitare hawaïenne, le saz, l’oud et le bouzouki.

 

Reste Kevin Breit, le vieux complice qui explore guitares, banjo, sitar électrique, ukulélé et mandoline. Avec lui, Harry a créé trois disques. « Personne ne joue comme lui et il est excitant à regarder. Il comprend le jazz et sa passion est le folk. » Et la Mohan Veena là-dedans ? « Elle est contente de revenir en parfaite condition et elle sera en vedette dans mon prochain album. Finalement, ce qui devait être une tragédie est devenu une bonne chose. Ça m’a fait beaucoup de publicité : cinq millions et demi de personnes ont lu l’information et 100 000 l’ont partagée. » Peut-être un nouveau public potentiel.

26 juin, avec Charlie Hunter

27 juin, avec Kevin Breit

28 juin, avec David Lindley

Au Gesù, à 18 h, dans le cadre de la série Invitation

1 commentaire
  • Michel Mongeau - Inscrit 27 juin 2014 09 h 49

    Manx-Hunter, une improbable rencontre

    J'étais à la soirée d'hier, celle où Harry Manx recevait Charlie Hunter. D'emblée, j'étais un tantinet sceptique face au résultat de cette rencontre. Car, en dépit de quelques points communs, ces deux artistes gravitent dans des univers assez différents. Le début a été timoré, chacun se jaugeant et cherchait à établir quelque chose comme un cadre d'échange. Manx me paraissait particulièrement attaché à installer sa présence en tant qu'hôte de la série et musicien habitué à jouer seul un répertoire spécifique avec une manière unique de créeer sa propre ambiance scénique. C'est clair que Hunter, au début de la prestation, se demandait ce qu'il faisait dans cette galère et qu'il se lovait dans un rôle modeste en dépit de son immense potentiel. Mais, tranquillement, la confiance s'est établie, la tension a baissé d'un cran, le dialogue s'est fait plus nourri et la musique s'est révélée mieux enracinée, libérée et foisonnante. Ce n'était cependant pas une soirée transcendante, une belle rencontre, certes. J'aime le Gesù, une salle chaleureuse et intime malgré sa taille mais, placé à l'avant gauche comme nous l'étions, la basse de Charlie était un peu forte face au volume de sa guitare et il aurait été intéressant d'ajouter quelques moniteurs de scène pour le public installé en avant car les enceintes principales étaient, quant à elles, montées trop haut pour celui-ci.