«Aimer notre langue, comme si c’était nous»

Catherine Major participera à la troisième édition du spectacle J’aime ma langue dans ta bouche.
Photo: Pierre Andrieu Agence France Presse Catherine Major participera à la troisième édition du spectacle J’aime ma langue dans ta bouche.

Pour sa troisième édition, le spectacle J’aime ma langue dans ta bouche délaisse le Lion d’Or et se rend dans Côte-des-Neiges, soucieux de délivrer un message le plus actuel possible. Au total, une quinzaine d’artistes québécois de souche et d’adoption — parmi lesquels Catherine Major, le Sénégalais Oumar N’Diaye ou la Centrafricaine Laetitia Zonzambé — occuperont le parc Kent ce samedi, de 14 h à 18 h.

 

Rencontré au café Cherrier jeudi, le chanteur Yann Perreau — une des têtes d’affiche de cet événement festif et engagé mis en scène par Denis Trudel — insiste sur la nécessité de faire vivre la langue française. « Si la terre a une richesse, c’est sa diversité. » Or, la diversité linguistique n’est pas une composante futile que l’on peut mettre du côté du folklore et laisser gentiment mourir, explique-t-il. Si la langue française a survécu en Amérique et doit y survivre encore, c’est d’abord une question de « dignité » à son avis.

 

Dans sa lutte pour le français, Yann Perreau se méfie toutefois de tout sectarisme, des oppositions trop marquées. Son combat est doux, tourné vers autrui. « Il faut aller vers l’autre, lui offrir le français, lui en donner envie », plaide-t-il. Les mots de Claude Péloquin, qu’il cite sur l’album À genoux dans le désir, refont surface : « Aimer notre terre, comme si c’était nous, c’est la sauver de nous. » C’est un peu la même chose avec la langue, non ? « Oui, aimer notre langue, comme si c’était nous, c’est la sauver de nous », opine l’artiste.

 

C’est justement le programme de J’aime ma langue dans ta bouche, un spectacle qui se veut « une ouverture, une invitation à entrer dans la danse », résume le chanteur. Les artistes présents sont issus des quatre coins de la planète, mais ont tous le français en partage, et sont désireux de le transmettre à leur tour. Côte-des-Neiges, dont la moitié des habitants sont issus de l’immigration, est le quartier tout choisi pour ce faire.

 

L’auteur de Beau comme on s’aime rêve de citoyens québécois conscients des enjeux linguistiques et souverainistes, fermes dans leurs convictions mais tolérants avec l’autre. Devant la déconfiture des différents partis politiques indépendantistes, il est lucide. « Si on veut se reconstruire, il faut que l’on soit convaincant, que l’on donne envie. Il faut qu’on soit des ninjas, des guerriers de lumière. »

 

À l’heure où les sorties publiques en faveur du français ou de l’indépendance peuvent être apparentées à de l’étroitesse d’esprit, quand ce n’est pas à du racisme, les organisateurs du spectacle persistent et signent. La voie du plaisir et de l’ouverture apparaît comme étant la plus judicieuse. « Le français doit être la langue commune de tous les Québécois. Dans cette diversité extraordinaire, le français a la merveilleuse capacité de nous unir et de nous rassembler », résume le porte-parole de l’événement, l’acteur et réalisateur Luc Picard.

1 commentaire
  • Jacques Gagné - Inscrit 21 juin 2014 16 h 21

    Il ne faut jamais abandonner le combat...

    Nos artistes s'impliquent, pourquoi pas vous ?