La résurrection du Jazz libre du Québec

Avant-hier, il se faisait rare. Hier, il l’était moins. Aujourd’hui, il se manifeste au grand jour. Bon. Le sujet commun aux trois phrases précédentes s’appelle le vinyle. Celui envoyé par Guy Thouin, batteur du Nouveau Jazz libre du Québec (NJLQ), comme il fut celui de l’ancien. Déclinons.

 

Il y a peu, donc, on a eu droit à une double surprise. La surprise numéro 1 ? Un enregistrement du NJLQ dont on n’avait pas entendu parler depuis des lunes, les antiques et non les indiennes. La numéro 2 ? L’enregistrement en question, en fait il s’agit d’un live, a été proposé en « vaille-Nil », comme on dit en langue chouan.

 

Une fois l’objet en main, on s’est dit : voici donc la justification de quelque chose de nouveau qui ne l’est pas tout à fait, ou plus exactement voici donc le retour de quelque chose d’ancien. De quoi s’agit-il ? Depuis quelques mois, on a remarqué que la majorité des mensuels de jazz consacrent au moins quatre pages aux tourne-disques, aux cartouches et aux aiguilles. Oui, la résurrection de l’ancien, du bon son, du son meilleur que le CD, est en cours.

 

Que Guy Thouin et ses complices saxophonistes Bryan Highbloom et Raymon Torchinsky aient eu le courage comme la générosité de soumettre leurs aventures musicales sur album, comme d’ailleurs sur CD, en dit long sur la progression du phénomène. À preuve, pratiquement tous les musiciens, y compris les « rock-stars-machin-chose », se sont mis au vinyle.

 

Cela étant, le trio animé par Thouin va ravir un groupe précis d’amateurs. Mais encore ? Ceux qui sont assez vieux pour avoir apprécié le free jazz des années 60 et 70 et qui l’apprécient encore. Ceux qui avaient été conquis et le restent par les jubilations puissantes et débridées des animateurs de la New Thing, les Albert Ayler, Sunny Murray, l’Archie Shepp de la fin des années 60 et du début des années 70.

 

On se doit de préciser, de souligner, de marteler que Thouin, Highbloom et Torchinsky sont des vétérans du genre, donc des musiciens très expérimentés. Cela s’entend d’ailleurs d’entrée de jeu. Ils excellent dans le décapage des neurones, Et pour cela ils méritent nos remerciements et notre respect. Ave !

 

P.-S. : intitulé En direct du Suoni Per Il Popolo, ce disque est en vente chez Archambault, à L’Oblique et chez Cheap Thrill.


♦♦♦

Justement, à propos du Suoni, il faut préciser que son festival extraordinaire, car confectionné à l’enseigne du risque, de l’improvisation, de la curiosité et de l’ouverture, se poursuit jusqu’au 28 juin à la Casa Del Popolo, à la Sala Rossa, au Café Résonance et au Vitrola. La programmation à suoniperilpopolo.org