Le mystère du passé et les voies de la diaspora

Briga offrira le contenu de son album Wake ce jeudi à la Sala Rossa.
Photo: Pascale Thérien Briga offrira le contenu de son album Wake ce jeudi à la Sala Rossa.

On a d’abord connu Brigitte Dajczer comme violoniste-chanteuse calgarienne. Puis, elle s’est rapprochée des origines québécoises de sa mère en déménageant à Montréal et en sillonnant les chemins de la musique des Balkans avec les Gitans de Sarajevo. Devenue Briga, elle a poursuivi les voies de la diaspora en les mariant à la musique prog et à la chanson. Mais la mort récente de son père a fait naître chez elle une question demeurée sans réponse : quelles sont ses véritables racines ? Le nouveau disque Wake est inspiré de cela. Briga en offre le contenu ce jeudi à la Sala Rossa.

 

Grzegorz Jozef Dajczer était un immigrant arrivé au Canada de la Pologne en 1971. « À son décès en 2012, je me sentais un peu comme gelée, mais j’aime dire que, six mois après, j’ai commencé à fondre et à sentir davantage les émotions et les pensées. C’est difficile de séparer tout ça. Je ne voulais pas mettre ça sur un disque. J’étais juste en train d’écrire et de sentir. »

 

Le départ du paternel force chez Briga une remise en question. « Mon père nous avait toujours dit que Dajczer voulait dire “Allemand” en yiddish et que son père était né en Allemagne, mais son père était né en Ukraine. Après la mort de mon père, on a commencé à voir que les histoires qu’il nous avait racontées n’allaient pas avec les papiers que nous avons retrouvés. Je n’ai pas encore les réponses au sujet de qui il est. J’ai commencé à poser des questions et à faire des recherches. »

 

Pour l’instant, la musique semble le principal point derepère pour retrouver les sources. « Quand nous étions très jeunes, mon père jouait du piano pour nous endormir. Plus tard, avec les Gitans de Sarajevo et l’écoute des chansons yiddish, j’ai découvert qu’il s’agissait des pièces que mon père faisait au piano. J’en déduis que ces musiques sont celles de sa jeunesse : du klezmer, des musiques russes, un peu roumaines, hongroises. C’est un peu de là que vient mon répertoire. »

 

Le nouveau disque ouvre au Moyen-Orient, grâce à l’arrangeur Tom Cohen, spécialiste du genre et également imbibé de culture sépharade, qui ajoute un quatuor à cordes à plus de la moitié des pièces. C’est tragique, rebondissant, dansant, bulgare, turc, roumain, trad, métis, classique, contemporain, turbo folk, tout ça à la fois et très inspiré, même sans les réponses existentielles.





Collaborateur

Briga avec Ventanas et Ihtimanska, à la Sala Rossa, ce jeudi à 20 h

Renseignements : 514 844-4227