Des légendes et des vraies en visite à l’Upstairs

Qui dit The Heath Brothers dit l’histoire du jazz de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours.
Photo: Six Media Marketing Qui dit The Heath Brothers dit l’histoire du jazz de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours.

Oyez, oyez, citoyens et citoyennes du « monde mondial », les frères Heath, qui ont pour nom de groupe The Heath Brothers, se produiront à quatre reprises dans le cadre du Festival de jazz à l’Upstairs. Youpi, mille fois youpi ! Quand ? Les 26 et 27 juin.

 

Imaginez ! Les Heath à Montréal… On n’en revient pas. La dernière fois qu’ils ont présidé une bamboche musicale ici à Montréal, ici parmi nous, c’était au Soleil levant, alias The Rising Sun, peu après que Richard Nixon eut quitté la Maison-Blanche comme un voleur au milieu des années 70.

 

On s’en souvient parce que justement le saxophoniste Jimmy, le contrebassiste Percy, l’aîné connu pour avoir été membre du Modern Jazz Quartet — le benjamin et batteur Albert dit Tootie n’était pas encore avec eux —, avaient joué l’hilarant The Watergate Blues que Percy avait composé en regardant le départ de Nixon à la télé.

 

On s’en souvient parce qu’ils proposaient le troc suivant dans l’enceinte du Soleil levant : le premier enregistrement des Heath Brothers paru sur l’étiquette-coopérative Strata-East, avec notamment Stanley Cowell au piano, contre espèces sonnantes et non trébuchantes. Et alors ? Cet album était une splendeur grâce au chapelet de finesses, dont le Watergate, qu’il renfermait.

 

On s’en souvient parce qu’ils avaient décliné pendant plus de deux heures une maîtrise des élégances à faire pâlir d’envie… Qui donc ? Allez, tous les fantômes de Coco Chanel.

 

Bon ou bien, c’est au choix, on n’a pas encore dit l’essentiel. Qui dit The Heath Brothers dit l’histoire du jazz de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours. On exagère ? Parfois, mais là, pas du tout.

 

On en doute ? Jimmy, Percy et Albert ont enregistré, et pas seulement joué, avec John Coltrane, Dexter Gordon, Duke Jordan, Dizzy Gillespie, Herbie Hancock, J. J. Johnson, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Gil Evans, Bobby Timmons, Fats Navarro, Max Roach, Art Farmer… Par amour pour les compositions de Jimmy, Chet Baker était allé jusqu’à consacrer un album à ses chefs-d’oeuvre. C’est dire.

 

Mais ce n’est pas tout dire, car pour dire le tout faudra attendre leur passage. En attendant, sur eux nous reviendrons en long et en large, car ils méritent le qualificatif de légende qu’ici et là on use et abuse sans égard à la signification du mot.

 

Oyez, oyez, lecteurs et lectrices, on a l’immense plaisir de vous communiquer une autre grande nouvelle : le conglomérat culturel Universal Music a décidé de réactiver le label Impulse, très célèbre pour avoir été celui de John Coltrane avant tout et de Sonny Rollins, de Gil Evans, d’Oliver Nelson, d’Archie Shepp et de quelques autres clochards célestes des années 60.

 

La direction de cette aventure a été confiée à Jean-Philippe Allard. Un Parisien réputé pour avoir été le grand sachem de Gitanes Jazz productions qui, dans les années 90 et 2000, avait requinqué les carrières de Randy Weston, de Charlie Haden, d’Abbey Lincoln, de Charles Brown et de plusieurs autres. Dans une entrevue accordée récemment à Jazz Magazine par le pianiste Weston, ce dernier affirme qu’Allard était et reste le meilleur producteur qu’il ait rencontré.

 

Au programme du nouvel Impulse : des albums de Kenny Barron, de Weston, de Ran Blake, de Charlie Haden avec Jim Hall, de Jacky Terrasson et de Rodney Kendrick.

 

Au programme du numéro courant de Jazz News : un dossier consacré au 40e anniversaire de la publication de l’oeuvre par excellence de John Coltrane, A Love Suprême. Aussi, des articles sur Danilo Perez, Brad Meldhau, Claude Nougaro, plus les rubriques habituelles.