Les lendemains qui chantent d’Amanda Martinez

Amanda Martinez chante intimement, sensuellement, et peut parfois devenir plus éthérée. De père mexicain et de mère sud-africaine, elle a tout intégré de son enfance.
Photo: Johnny Lopera Amanda Martinez chante intimement, sensuellement, et peut parfois devenir plus éthérée. De père mexicain et de mère sud-africaine, elle a tout intégré de son enfance.

De Toronto, Amanda Martinez est considérée comme une force montante de la chanson métissée au Canada. Elle chante surtout en espagnol, mais se laisse aussi inspirer par une poésie populaire en anglais et en français. Pour la première fois, elle vient offrir à Montréal le répertoire de Mañana, le disque coréalisé avec Javier Limón, paru en octobre et empreint de lumière pour des lendemains qui chantent. Rendez-vous à l’Upstairs ce samedi soir.

 

« Montréal est sûrement ma ville préférée au Canada. Je vais venir en train, j’adore ça », dit-elle d’un ton excité qui cache le plaisir de profiter des petits moments. L’anecdote reflète aussi l’atmosphère de Mañana, qui invite à l’espérance, au chemin éternel de la tendresse, aux yeux qui s’ouvrent à la vie droit devant, qu’elle chante en goûtant le petit matin et la première tasse de café. « C’est un disque optimiste, confirme-t-elle. Dans mes deux précédents, il m’est arrivé de chanter des choses plus sombres, mais je le fais toujours dans un bon état d’esprit. »

 

Mañana est un album de cancion et de pop latino. De la voix de l’interprète émerge délicatement une sorte de spleen naturel. Amanda Martinez chante intimement, sensuellement, et peut parfois devenir plus éthérée. De père mexicain et de mère sud-africaine, elle a tout intégré de son enfance : « Dans ma jeunesse, j’allais au Mexique chaque année et j’écoutais tous les disques de mon père et de mes oncles. J’ai aussi écouté en boucle le disque Gracias a la Vida de Joan Baez. Les influences de l’Amérique latine sont très fortes. Quant à celles de ma mère, elles sont audibles dans la pièce Sueños possibles que j’ai composée dans un style africain pour le spectacle à la Coupe du monde de football. »

 

Des liens entre la cancion et l’Afrique : Miriam Makeba, une préférée de sa mère, et la musique afro-cubaine que Martinez intègre à ses compositions : « Trois de mes musiciens viennent de Cuba et apportent cette dimension », explique la chanteuse-auteure-compositrice. « À cela, notre trompettiste Alexander Brown ajoute un côté plus jazz, mon mari le bassiste Drew Birston, un caractère canadien, et le guitariste Kevin Laliberté, des accents de nuevo flamenco. »

 

Mais il y a cet autre flamenco, plus enraciné dans la culture gitane, qui se fait entendre, même subtilement, sur Mañana. C’est l’oeuvre de Javier Limón, éminent réalisateur espagnol qui a contribué à macérer le son des Buika, Diego el Cigala, Yasmin Levy et tant d’autres. « Je suis une fan de sa musique et je l’ai choisi pour coréaliser l’album avec George Seara, un complice depuis mes débuts discographiques en 2006. Il est un excellent ingénieur de son, alors que Javier a travaillé davantage sur les arrangements. Il a aussi ajouté des harmonies en utilisant ma voix. En plus, il a travaillé avec des musiciens qui ne sont pas les siens, ce qu’il fait rarement. Il fera peut-être cela davantage à l’avenir. »

 

Parmi ses principales influences, Martinez cite Mercedes Sosa, Chavela Vargas, Elis Regina, Lila Downs et Diego el Cigala. Mais il en est une qui l’a particulièrement touchée : Lhasa de Sela. « Un jour, elle m’a dit : “ Tu dois avoir confiance en toi-même. ” Ce fut une leçon de vie. J’avais toujours voulu être une chanteuse, mais je n’avais pas confiance. J’ai étudié la biologie et les affaires, travaillé dans une banque, puis j’ai trouvé ma voie. »¡ Gracias a la vida !

 

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