La version Upstairs du FIJM

L’Upstairs figure parmi les 50 meilleurs clubs de jazz recensés par le magazine spécialisé Down Beat.
Photo: Upstairs L’Upstairs figure parmi les 50 meilleurs clubs de jazz recensés par le magazine spécialisé Down Beat.

Au tableau du club de jazz le « plus meilleur au monde du monde mondial », comme dirait l’autre, l’Upstairs figure en bonne place. Mais encore ? Dans les 50 premiers. Ce n’est pas nous qui l’avançons, mais bien le vénérable magazine Down Beat dans une de ses récentes parutions. Et ce, après avoir mené une enquête aux quatre coins du globe à faire pâlir de jalousie Sam Spade et Philip Marlowe réunis.

On est habité par le doute et son alter ego, le scepticisme, hmmm ? On ne croit pas du tout que l’Upstairs en fait partie ? Eau quai ! Il ne reste plus qu’à balancer et à commenter la programmation ciselée, c’est vraiment le cas de le dire, par Joel Giberovitch, patron du lieu. Mieux, patron d’un lieu dont la durée de vie a dépassé celles du Soleil levant, d’In Concert, du 2080 rue Clark, et d’autres. C’est dire.


Toujours est-il que Giberovitch a réussi, avec la complicité de Simon Fauteux de Six Media Marketing, un prodige que nous avons souligné il y a quelques semaines. Lequel ? Il a convaincu l’immense Barry Harris, considéré par bien de ses pairs comme le pianiste des pianistes, à se produire en compagnie des excellents et fidèles Ray Drummond à la contrebasse et Leroy Williams à la batterie.


Pour illustrer l’importance de Harris, on se contentera de décliner les noms d’un certain nombre de clochards célestes qui ont fait appel à sa virtuosité, dans le sens le plus noble du terme : Charlie Parker, Lester Young, Miles Davis, Dexter Gordon, Coleman Hawkins, Dizzy Gillespie, Max Roach et bien d’autres de cet acabit.


Élégante Helen Merrill


L’autre haut fait de cette programmation est la venue d’Helen Merrill, la chanteuse, qui est une définition, pour ne pas dire LA définition, de l’élégance. Dans le Dictionnaire du jazz de la collection « Bouquins », il est souligné, fort à propos, ceci : « Helen Merrill ou l’antistar. Rarement carrière de vocaliste aura été menée avec une telle indépendance vis-à-vis des contraintes du succès, une telle volonté de privilégier les seules aventures du fait musical. » Tenez-vous bien, cela fait six décennies qu’elle greffe les aventures musicales logeant toutes à l’enseigne des sursauts inhérents à la densité.


Ensuite ? Les faits d’armes. Les faits qui se distinguent des hauts faits évoqués plus haut sont autant de mises en relief du mouvement ou courant musical qui rythme l’univers new-yorkais depuis plusieurs années maintenant. En un mot, il s’agit de Smalls. De ce club où défilent soir après soir les fines lames du jazz d’aujourd’hui.


Toujours est-il que l’esthétique Smalls, si l’on peut qualifier les choses ainsi, sera représentée et surtout dévoilée par le guitariste Nir Felder, le pianiste Aaron Parks, le saxophoniste Greg Osby et leurs camarades. Sur plus d’un soir, ils vont décortiquer les grands moments de Dexter Gordon et sculpter les gammes de ce qu’on appelle de plus en plus le post-bop.


Enfin, le 5 juillet prochain se produira en solo un pianiste dans la lignée de Barry Harris. Un pianiste qui, à l’instar de Jimmy Rowles, le pianiste favori de Marilyn Monroe, a une connaissance encyclopédique du répertoire. Un pianiste qui sécurise tous les producteurs car il n’a pas son pareil, à l’instar du saxophoniste Budd Johnson, pour faire « travailler » les autres. Son nom ? Bill Charlap.


Cela étant, il reviendra comme il se doit et comme d’habitude à la chanteuse Ranee Lee de conclure la version Upstairs du FIJM.