Zal Sissokho en spectacle ce soir au Lion d'Or - Le sage, le message et le partage

Le porte-étendard de la kora à Montréal: Zal Sissokho<br />
Photo: Source: Netun Lima Le porte-étendard de la kora à Montréal: Zal Sissokho

Autant par sa musique que par ses propos, Zal Sissokho dégage une attitude de saine sagesse. Porte-étendard de la kora à Montréal, il a fait paraître au début de l'année Le partage, un disque empreint de ce message d'humanité qu'il ne cesse de propager, vu son rôle d'authentique griot.

Ce soir, dans le cadre de la série Mundo Montréal de la CBC, il partage au Lion d'Or le nouveau répertoire avec son groupe Buntalo et des invités de son choix: Doba, Cécile Doo-Kingué et Michael Jerome Browne.

L'ex-moitié de Dobacaracol partagera deux pièces de Zal et interprétera deux des siennes avec Buntalo. La chanteuse-guitariste Cécile Doo-Kingué en fera de même, tandis que Michael Jerome Browne projettera son univers roots, accompagné par la kora, la basse et la percussion. Une belle rencontre en perspective.

La démarche de Zal semble imprégnée par le passage du temps et la même humanité que celle de ses messages. Il ne peut abandonner sa tradition mandingue et la kora demeure au centre de sa démarche. Il ne joue que sur les instruments qu'il fabrique et son processus de création semble toujours le fruit d'un échange avec les autres musiciens. «Dans Buntalo, ce n'est pas juste moi qui décide, dit-il. Je fais les compositions, je les mets devant les autres et chacun apporte son grain de sel pour les arrangements. Le claviériste David Mobio est un peu plus impliqué là-dedans.»

Sur ses claviers, il apporte un côté jazz fusion, parfois alimenté de touches latines, alors que la cantatrice Tapa Diarra est la puissante porteuse de la tradition griotte. Quant au batteur Thomas Niamké et au bassiste Manu Pelé, ils assoient cette musique afro-mandingue qui comporte aussi son lot d'improvisations. Comme la kora, le message est en avant. Zal fait réfléchir sur l'envie de la réussite, les nécessaires trois repas par jour pour tous, l'illusion de la richesse de la vie en Occident ou la guerre cruelle.

Mais il sait aussi se faire tendre, comme en témoigne cette pièce sur Chantal Jolis, formidable allumeuse de création chez les nouveaux arrivants: «Je l'ai connue en 2000. C'était une madame très sympathique avec tous les musiciens. Elle m'a dit: "Bienvenue!, si j'ai un conseil à te donner, seul le travail paye." Quelques mois plus tard, elle a diffusé mon démo et c'est à travers elle que j'ai pu avoir des collaborations avec Dan Bigras, Richard Séguin et Corneille. Je voulais lui dire merci.»

Aujourd'hui, Zal s'attriste de la situation politique de son Sénégal natal, mais demeure optimiste. Parmi ses projets, on fera paraître cet été au Brésil, lieu d'un autre partage, un CD-DVD de lui avec 18 auteurs-compositeurs de renom, dont Chico Cesar et Carlinhos Brown. Bel accomplissement!

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Collaborateur du Devoir

Zal Sissokho: Chantal Jolis