Festival de la chanson de Tadoussac - Promesse d'intenses émotions

Québec — Expérience hors normes, le Festival de la chanson de Tadoussac propose, pour sa 26e édition, une programmation tout en découvertes et en valeurs sûres. Du 11 au 14 juin, La Patère rose, Misteur Valaire, mais aussi Daniel Bélanger, Pagliaro et Yann Perreau monteront à bord du traversier pour l'immense plaisir des amateurs du «plus grand des petits festivals».

Pendant quatre jours, le village de 800 âmes accueillera 25 000 visiteurs venus acclamer des artistes originaires d'ici mais surtout d'ailleurs. Autant dire que campings et hôtels seront pris d'assaut. «La proximité entre le public et les artistes crée une ambiance magique qui est un peu la marque de commerce du festival, résume Catherine Marck, directrice de la programmation. Certains festivaliers reviennent d'année en année pour goûter à l'atmosphère intimiste qui se dégage des huit scènes séparées de quelques dizaines de mètres les unes des autres. Les spectateurs voguent de l'une à l'autre tout en prenant le temps de partager un verre avec un artiste ou de jouer au billard avec un autre.»

En 2008, le festival avait placé la barre très haut avec une programmation d'une richesse époustouflante. Diane Dufresne, Plume ou encore Daniel Lavoie avaient aisément comblé les petits écrins qui entourent les scènes. Cette année, Yann Perreau, qui effectuera une première sortie officielle avec son plus récent album, Un serpent sous les fleurs, mais aussi Mara Tremblay vont assurément rassembler les foules au confluent du Saguenay et du Saint-Laurent. Mais ce dont Catherine Marck se félicite surtout, c'est d'accueillir des artistes méconnus qui valent franchement le détour. Le duo (franchement déjanté) formé par la Suédoise Victoria Tibblin et le Belge Didier Odieu, ou encore les Fatals Picards feront sans aucun doute beaucoup jaser dans les chaumières. Quant à David Marin, il signe le retour du festival dans la nature. Il se produira à l'anse à Barque, que les festivaliers pourront atteindre à la force de leurs bras à bord de leurs kayaks ou encore en empruntant le sentier qui longe la splendide baie de Tadoussac. Promesse d'intenses émotions.

Seul regret, explique Charles Breton, directeur général du festival: le manque de soutien du gouvernement. «L'écart se creuse entre Tadoussac et les festivals de Montréal, et c'est démotivant, lance-t-il. On réussit l'exploit d'attirer des festivaliers à 500 km de la métropole au début du mois de juin, alors que la température avoisine les 12 °C, et on nous demande d'attirer des investisseurs privés qui se fient aux retombées médiatiques pour décider ou non d'accorder un financement.» Cette complainte, qu'il chante depuis toujours, se fait plus douloureuse que jamais à quelques semaines de l'ouverture du festival et alors que la direction a reçu moins d'aide que prévu. Il promet que la fête n'en sera pas gâchée. On le croit aisément.

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Collaboration spéciale