Flamboyant début de Céline Dion à Las Vegas

Une vue de la salle de spectacle de la star québécoise.
Photo: Agence Reuters Une vue de la salle de spectacle de la star québécoise.

Las Vegas, Nev. (PC) — René Angélil disait lundi souhaiter, sans pavaner, que le nouveau spectacle de Céline Dion, A New Day, hausse d’un cran le niveau des spectacles à Las Vegas, comme l’ont fait déjà le Cirque du Soleil ou Elvis Presley. Et bien, si ce spectacle ne rehausse pas le niveau de la strip, rien n’y fera.

A New Day, qu’elle donnera à résidence au Caesars Palace pendant trois ans, regorge de moments forts, tant au niveau de la voix que du côté de l’émotion et de l’esthétisme. Le spectacle, d’une durée d’une heure et demie, allie bien sûr les chansons de Céline Dion — les plus récentes, de son album One Heart, sorti lui aussi mardi, de plus anciennes, réarrangées par le fidèle chef d’orchestre de tournée de la chanteuse, Claude «Mégo» Lemay —, mais aussi des «classiques» rendus populaires par d’autres interprètes, comme Frank Sinatra ou Peggy Lee.
Céline Dion ouvre ainsi le spectacle avec Nature Boy (1948), pour enchaîner tout de suite avec quelques-uns de ses plus grands succès — The Power of Love, It’s All Coming Back to Me Now... — avant de revenir au passé: le très sensuel Seduces Me (1966), où Céline Dion, comme ses partenaires danseurs, s’élève lentement du sol pour flotter dans les airs. La marque du Cirque du Soleil.
Céline Dion se mesure aussi à un rythm and blues fort réussi, le classique Fever, qu’elle chante assise sur le piano, robe rouge et sourire sexy, et le très beau The First Time I Ever Saw Your Face (1962). La chanteuse s’essaie aussi avec succès à une napolitaine, Amore annascunnuto. Elle poursuit avec ses succès passés et, sans nul doute, à venir, entrecoupés d’un Stevie Wonder, I Wish, extrêmement émouvant. Après son mégasuccès My Heart Will Go On, elle devait laisser en final le classique What a Wonderful World, comme pour encourager les spectateurs choqués par ce qu’ils voient à la télévision ces temps-ci. Elle a d’ailleurs d’entrée de jeu demandé de penser à la paix et d’oublier le temps d’un soir.
Les chorégraphies de Mia Michaels, entre le Cirque du Soleil, bien sûr, et La La La Human Steps, sont juste assez modernes pour épater les plus jeunes, et pas trop pour ne pas effaroucher le public plus âgé — nombreux, il faut bien le dire, à Las Vegas, surtout avec des billets de 80 à 150 $ US. Les effets visuels de Franco Dragone et Michel Crête servent bien la chanteuse et les danseurs, qui semblent évoluer dans une comédie musicale du cinéma des années 40.
Dragone pouvait aussi compter sur un gigantesque écran numérique — le deuxième plus grand au monde —, qui diffuse pendant le spectacle des fonds de scène à volonté, parfois saisissant, comme lorsqu’une caméra en salle capte les danseurs et la chanteuse, ensuite projetés derrière. Des images fixes ou mobiles, des tableaux ou des orages, le résultat donne à cette scène autrement trop grande une unité qui devrait se sentir partout dans la salle de 4125 places.
Des personnalités de Hollywood et du Québec sont venues assister à cette première très médiatique, notamment Paul Anka, Garou, Jane Seymour, Lance Bass (N’Sync), David Hasseldorf, Luc Plamondon et David Foster, notamment. Et bien sûr les parents Dion.