Festival de la chanson de Tadoussac - Bouffées d'Oxygène et de découvertes

Le montréalais Socalled, de son vrai nom Josh Dolgin, s’est débattu fort honorablement lors de son concert à Tadoussac.
Photo: Le montréalais Socalled, de son vrai nom Josh Dolgin, s’est débattu fort honorablement lors de son concert à Tadoussac.

Québec — Du nouveau spectacle de Diane Dufresne aux dernières irrévérences de Creature, le 25e Festival de la chanson de Tadoussac a prouvé encore cette année que l'on pouvait faire beaucoup avec peu. Retour sur l'expérience en quelques bouffées.

On vous parle ici de bouffées en souvenir — heureux(!) — des nombreux appels d'oxygène faits par Diane Dufresne, dans le sous-sol de l'Église vendredi soir. Citant Hubert Reeves et Jean Lemire, la chanteuse a invité son public à «faire la révolution» et à faire preuve «de créativité» pour que la planète qu'on laissera en héritage ait encore quelque chose à offrir, d'ici quelques décennies. Une trame dans laquelle des chansons comme Oxygène et Hymne à la beauté du monde s'inséraient tout naturellement pour un public, disons-le, gagné d'avance.

Plus tard dans le sous-sol du légendaire hôtel au toit rouge, l'heure était à la découverte, alors que le chanteur suisse K se dévoilait à un public attendri. Plus «groove» que sur disque, moins sérieux, mais tout aussi naturel, le jeune prince a conquis tout ce qu'il touchait. De bon augure pour la tournée qu'il entend faire au Québec cet automne.

Dans un esprit tout à fait différent, on se rappellera longtemps la performance atomique de Mell. La jeune rockeuse française crache sur scène, s'amuse à insulter son public et se décrit à juste titre comme la fille spirituelle de Mick Jagger. Et comme de raison, tout le monde a adoré. Notamment les musiciens de Creature qui l'ont accueillie sur scène tard dans la nuit, le temps d'interpréter Andy des Rita Mitsouko... et de se suspendre aux poutres du plafond. Une autre belle rencontre entre des artistes aux affinités naturelles.

Outre Creature qui nous a aussi offert une savoureuse reprise de Walk Like an Egyptian, les danseurs ont pu s'en donner à coeur joie, près de l'Auberge de Jeunesse sur les rythmes de Radio Radio, Ouanani et surtout Socalled qui s'est débattu fort honorablement dans la cacophonie environnante.

Si petit soit-il, le Festival ne nous a pas permis de tout voir, loin de là. De la bonne trentaine d'artistes présents, on aura vu moins de la moitié sans trop flâner. Or, le Festival a ceci de bien que l'on peut souvent se reprendre l'année suivante, puisque les artistes y prennent goût et reviennent.

Les organisateurs se plaisent d'ailleurs à suivre toutes les étapes de leurs carrières, depuis les ateliers d'écriture animés par Xavier Lacouture, au programme d'échange avec Saint-Malo, jusqu'aux spectacles aboutis depuis longtemps.

Au risque de formuler une évidence, réaffirmons qu'il y a quelque chose de génial dans cette formule qui permet aux artistes de faire leurs classes dans ces petits festivals de région, dont la principale force est probablement l'hospitalité sans bornes d'un public jamais blasé.