Tadoussac - Tout un festival !

Le Festival de la chanson de Tadoussac, c'est un peu une drogue dure. Une expérience qui devrait se révéler encore plus pernicieuse en cette année de 25e anniversaire.

Tadoussac, c'est toujours un peu spécial. Même lorsqu'on a connu les Francos, le Festival de jazz ou le Festival d'été de Québec. Tadoussac reste tout de même le seul endroit au Québec où autant le journaliste que l'amateur peuvent tranquillement prendre une bière avec Dominique A, marcher cinq minutes (pardon, deux minutes) pour aller entendre Pierre Lapointe, puis terminer la soirée en dansant furieusement à un mètre des Breastfeeders. Changez simplement les noms, et cette expérience incongrue pour la plupart des festivaliers du monde sera sûrement encore la norme cette année, beau temps mauvais temps.

Pour ce 25e, le «plus grand des petits festivals» (ou l'inverse, c'est selon) y va d'une programmation d'une richesse époustouflante. Si on a souvent vanté la diversité des artistes qui ont foulé les planches de l'événement à chaque édition, cette année remporte certainement la palme toutes catégories. Des dizaines de spectacles répartis en quatre jours dans un rayon de quelques centaines de mètres. Qui dit mieux?

Dans le coin droit, ces «valeurs sûres» qui font courir les foules, les Diane Dufresne, Daniel Lavoie et autres Plume. Rien de moins. Des noms qui feront sans aucun doute sauter la billetterie car, avec une grande salle qui ne contient pas 1000 personnes, il est pas mal acquis qu'on va vendre du Tadoussac via e-bay ce printemps. L'internationale des revendeurs y tiendrait son colloque annuel que ce ne serait pas étonnant. C'est qu'ils ne sont pas légion, ceux qui ont pu assister à un spectacle de madame Dufresne dans un écrin aussi intimiste.

Dans le coin gauche, c'est-à-dire celui de ces découvertes qui nous sautent au visage sans crier gare, des noms qui vous paraîtront peut-être inconnus mais qui font déjà saliver les vrais amateurs de Tadoussac. LA fameuse drogue en question. C'est d'ailleurs ce que Catherine Marck, la talentueuse directrice artistique de l'événement, a déclaré à ce sujet: «Ce que j'aime le plus dans les réactions des gens, c'est lorsqu'ils disent: "Chouette, je ne connais personne cette année"!»

Parmi ces illustres inconnus, notons la chansonnière punk française Mell, au propos aussi tranchant qu'une corde de métal. Ou encore le sympathique tromboniste-crooner-clown Benoît Paradis, qui donne une toute nouvelle signification au mot «jazz». Quoi encore? Le bluegrass qui sent le foin urbain de Madame Moustache, le rap yiddish du Montréalais Socalled ou encore le rap acadien complètement groovy de Radio Radio, une formation extrêmement solide sur scène. Et ça, ce n'est que la pointe de l'iceberg. En rafale: Oztara, Alexandre Belliard, Magnolia, Loïc Lantoine, Alfa Rococo, Ouanani, etc.

Vous avez vu au complet, ou en partie, tous ces groupes en spectacle? Vous ne les avez pas vus à Tadoussac. Rajoutez à cela un paysage sans égal et vous détenez un avant-goût d'une équation qui vous rendra accro pour longtemps. Les affres de la dépendance commencent le 12 juin, pour quatre jours seulement.