Nos choix - FIJM

AUJOURD'HUI - Sean Lennon - Il a les lunettes, la voix, les guitares et le sens mélodique du paternel, et c'est une chance. Il ne cultive pas l'étrangeté en pot et la prétention en plante grimpante comme maman Yoko, c'est une plus grande chance encore. Le p'tit Sean devenu grand est finalement un type assez normal, bien de son temps, féru d'électro mais aussi de solos parfois hardis, et son dernier album, Friendly Fire, tient debout tout seul. Tout seul, faut-il préciser, aux côtés de sa Yoko à lui, la dénommée Yuka Honda. C'est quand même dans les gènes, faut croire. Non, on ne va plus voir Sean Lennon en spectacle seulement par curiosité, et ce n'est pas une petite victoire. Ce soir à 18h au Spectrum. - Sylvain Cormier

Joshua Redman

L'hallucinant battage médiatique dont a profité le saxophoniste Joshua Redman au début des années 90 s'est forcément estompé. Un peu, du moins, car Redman demeure une pointure du jazz en 2007. Son nom fait toujours vendre sans qu'on ait besoin de l'appeler phénomène ou sensation. S'il a commis quelques albums couci-couça au tournant du millénaire (ce qui a refroidi les ardeurs de certains à son sujet), Redman semble être récemment revenu à des dispositions plus fructueuses. Son dernier album (Back East) témoigne bien des qualités du fils de Dewey: sonorité robuste et ronde, talent égal pour la composition et l'improvisation, capacité d'enflammer le parterre par des salves blowées.

On n'en attend pas moins ce soir à 18h au théâtre Maisonneuve.

Aussi à surveiller aujourd'hui: la pianiste américano-israélienne Anat Fort (au Cabaret à 21h), le légendaire batteur Roy Haynes, qui amène son quartet et ses 81 ans au Spectrum (22h), et le saxophoniste David Binney en quartet à 22h30 au Gesù.

Guillaume Bourgault-Côté

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DEMAIN ET LUNDI

Keith Jarrett

Piano, piano, piano et piano. D'abord le trio de Keith Jarrett (dimanche, 20h, Wilfrid-Pelletier), qui n'a plus besoin de présentation sinon pour dire qu'il est là depuis plus d'un quart de siècle et qu'il demeure la référence du genre à l'échelle internationale. Un classique en soi.

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Bollani et/ou Gustavsen

Outre Jarrett, la série «Présence ECM» programmée par le FIJM sera représentée par deux autres pianistes de premier plan: l'Italien Stefano Bollani, en solo au Gesù demain à 22h30, et le Norvégien Tord Gustavsen, en trio au même endroit le lendemain (lundi à 22h30). Partenaire de jeu des Enrico Rava et Paolo Fresu, Bollani vient de livrer un superbe album en solo qui confirme sa place au sommet de la hiérarchie pianistique. Il possède ce juste dosage entre une technique déroutante, une imagination mélodique extrêmement riche et une forte capacité d'improvisation qui font les grands récitals solo en jazz. Gustavsen explore pour sa part l'art du trio dans un cadre épuré où la retenue et l'économie de notes sont à l'honneur. Il cultive ainsi la beauté pure de la musique et crée avec ses partenaires des climats évocateurs, soyeux, très... scandinaves.

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François Bourassa

Un dernier choix dans le rayon ivoire et noir: le Montréalais François Bourassa, au Spectrum dimanche (22h). Le fils de l'ancien premier ministre dirige ce qui est probablement le meilleur quartet au Québec, et il sera rejoint par le saxophoniste David Binney.

G. B.-C.

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Forestare

Forestare, c'est presque un orchestre de guitares, une pluie de cordes tantôt langoureuses, tantôt fiévreuses qui se frottent à un répertoire autant populaire (Richard Desjardins) que contemporain (Steve Reich, Denis Gougeon, François Gauthier). Treize guitaristes unissent leurs cordes dans cet ensemble contemporain formé en 2002 et dirigé par Pascal Côté, qui livrait en mars un premier album éponyme. Son nom latin, qui évoque la forêt, renvoie à la mission écologique qu'il s'est donnée et aux arbres, matière première de leur instrument commun.

Sur la scène Contact GM demain à 18h30.

Frédérique Doyon

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Beyond the Pale

Partie prenante de la nouvelle scène juive, ce groupe de Toronto parvient à faire voyager à travers les cultures à partir de la sienne: klezmer d'abord, musiques roms et autres fusions ensuite. Avec des rythmes asymétriques d'Europe de l'Est drôlement bien intégrés, de la syncope reggae rieuse, tout en acoustique, Beyond the Pale swingue avec grâce, délire avec classicisme, ajoute des instruments joyeux, comme la mandoline, aux instruments habituels, comme l'accordéon, la clarinette, la basse et les percussions. Parfaitement ancrés dans la tradition, ils se livrent aussi à des aventures sonores plus complexes. Si l'exécution est impeccable, on les imagine un brin canailles sur scène.

Série Contact, lundi à 21h.

Yves Bernard

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Artist of the Year

Rien de jazz ici, mais que de plaisir et de déhanchements promis! Composée de quatre vieux amis (Nathaël Duhaime, Camille Jacques, Louis Coutu et David Richard), la formation Artist of the Year s'est forgé un style funky à souhait, genre de disco électronique déjanté. Fraîchement arrivé sur les rayons des magasins (26 juin), Wreck ia Discotheque atteint des sommets de joyeux délire dansant, par moments assez hardcore, où se mélangent des airs toujours entraînants, curieusement familiers sans être convenus. Loin de livrer des performances statiques de DJ, Artist of the Year est réputé pour mettre la scène en folie en rehaussant l'électro d'une guitare, d'une basse et d'une batterie. Le groupe est né du désir de montrer que la musique électronique ne se résume pas à un individu planté derrière sa console. Âmes en quête de repos s'abstenir.

Scène Bell lundi à 22h.

Frédérique Doyon