Festival de la chanson de Tadoussac - Les mille atouts de Tadou

Richard Desjardins a donné deux concerts dans le cadre du Festival de la chanson de Tadoussac. De véritables moments de grâce pour des fans plus finis les uns que les autres. Photo: Rolline Laporte
Photo: Richard Desjardins a donné deux concerts dans le cadre du Festival de la chanson de Tadoussac. De véritables moments de grâce pour des fans plus finis les uns que les autres. Photo: Rolline Laporte

Tadoussac — Cette année encore, le Festival de la chanson de Tadoussac ne nous a pas déçus. Portés par une ambiance plus que sympathique, un lieu inspirant et un temps béni, les Richard Desjardins, Patrick Watson, Agnès Bihl et consorts ont donné des concerts mémorables. On a déjà hâte de revenir l'an prochain!

En salle ou dehors, les festivaliers ne boudaient pas leur plaisir. «N'est-ce pas extra-or-di-naire ?», nous a lancé une voisine anonyme complètement exaltée à la fin du spectacle de Patrick Watson. La veille, toujours dans le sous-sol de l'Église, un autre agrémentait de sa voix de casserole toutes les chansons de Richard Desjardins (oui, toutes).

Au lieu de nous donner des envies meurtrières, la chose nous a fait sourire. Il y a quelque chose dans l'air de Tadoussac qui rend les gens plus conciliants. Personne ne se presse, tout le monde se parle, on festoie tard... et on revient l'année suivante.

La programmation de cette année s'appuyait sur des valeurs sûres, comme ces deux concerts de Richard Desjardins (en solo et en groupe), véritables moments de grâce pour des fans plus finis les uns que les autres. Le chanteur était particulièrement convaincant seul «avec sa guétard». Jamais il n'a semblé lassé de reprendre les Tu m'aimes-tu ? et J'ai couché dans mon char. Parfait du début jusqu'à la fin, il a cassé sa corde de guitare au dernier «Liberté» de la merveilleuse Le coeur est un oiseau. Mais le sublime aura toutefois côtoyé le tragique ce soir-là par le décès subit d'un jeune homme de 20 ans de Sacré-Coeur en plein concert des Vulgaires Machins.

Agnès Bihl, un nom à retenir

Le lendemain, c'est avec beaucoup d'attentes que nous nous sommes allés assister au tour de chant de la Française Agnès Bihl, dont on vous disait beaucoup de bien vendredi. Ce fut sans l'ombre d'un doute l'un des grands moments de ce festival. Le Français Benoît Dorémus et l'Haïtien Belo qui la précédaient nous avaient bien réchauffés avant qu'elle ne monte sur scène nous entretenir d'enfants maltraités, d'inceste et de peines d'amour insurmontables.

Il a suffi de quelques couplets, et le public lui appartenait. La chanteuse donne tout ce qu'elle a. Chuchotant à la manière d'une petite fille ou chevauchant son pianiste dans un hommage délirant au célibat, elle livre une performance poignante et très théâtrale. Voilà une artiste complète que vous vous féliciterez d'allez voir aux FrancoFolies.

À deux pas de là, une foule conquise hululait devant Patrick Watson et son groupe. Pour bien des gens de l'extérieur des grands centres, ce fut une fabuleuse découverte. Des mélodies planantes emportées par des crescendos orgasmiques nous ont transportés en mille lieux. Et comme si l'on n'en avait pas eu assez, l'un de ses musiciens s'est mis à imiter le son des baleines en frottant un ballon sur ses cordes de guitare.

On pensait avoir tout vu samedi soir quand le plancher d'un Café du Fjord surchargé s'est littéralement effondré sous la foule venue danser sur les rythmes de Misteur Vallaire. La formation électro jazz avait quand même eu le temps de faire le plein de fans les soirs précédents. Peut-être trop d'ailleurs (!).

Quelques mots enfin sur la relève qui était quand même très bien représentée dans ce festival. Pour la cinquième année, une dizaine de jeunes chanteurs ont suivi des ateliers d'écriture avec Xavier Lacouture dans les jours précédant le Festival. Bien sûr, les performances sont inégales, mais les prestations vues ce week-end témoignaient de la vitalité de la relève et de la pertinence de ce genre de programme.

Un petit groupe d'anciens (Geneviève Binette, Flavie, Reggie et Jimmy Fecteau) doit d'ailleurs s'envoler pour Saint-Malo dans le cadre d'un échange. Qui sait? Certains d'entre eux se retrouveront peut-être sur les plus grandes scènes d'ici quelques années.

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Collaboratrice du Devoir