Québecor blanchi pour sa une controversée sur le variant indien

Les plaignants ont également fait valoir que, dans l’article en question, Québecor laissait ses intérêts commerciaux, politiques et idéologiques l’emporter sur l’intérêt légitime du public pour une information de qualité.
Ryan Remiorz La Presse canadienne Les plaignants ont également fait valoir que, dans l’article en question, Québecor laissait ses intérêts commerciaux, politiques et idéologiques l’emporter sur l’intérêt légitime du public pour une information de qualité.

Le titre du Journal de Montréal « le variant de l’Inde est arrivé », affublé d’une photo du premier ministre Justin Trudeau en habit traditionnel indien, était peut-être de « mauvais goût », mais il ne constitue pas une faute aux yeux du Conseil de presse du Québec.

Le tribunal d’honneur du monde médiatique a rendu publique mercredi sa décision concernant les plaintes de 89 personnes. Celles-ci dénonçaient la une du Journal de Montréal et du Journal de Québec du 22 avril 2021.

La première page et l’article correspondant ont été publiés au moment où le variant Delta, originaire de l’Inde, faisait surface au Québec. La possibilité de fermer les frontières entre le Canada et l’Inde était un sujet brûlant, et ces quotidiens avaient publié un article montrant une photo du premier ministre en vêtements traditionnels indiens, avec le titre « Le variant de l’Inde est arrivé », et le sous-titre « Alors, Justin, est-ce qu’on coupe rapidement les liens avec l’Inde cette fois-ci ? ».

Bien que le Conseil « déplore le refus de coopérer » du média dans ce dossier, il est d’avis que les plaintes manquent d’arguments clairs et de preuves attestant que ces journaux ont bel et bien enfreint l’un des articles de son guide de déontologie journalistique.

Selon le premier grief, la photo de M. Trudeau n’avait aucun rapport direct avec le contenu de l’article et n’était donc pas pertinente. Selon l’article 14.3 du Guide de déontologie journalistique du Conseil de presse du Québec, les illustrations doivent refléter l’information à laquelle elles se rapportent. Or, le Conseil est d’avis qu’on ne peut prétendre qu’il n’y a pas de relation entre la photo et le contenu, puisque le contenu porte sur les relations entre le Canada et l’Inde sous le gouvernement de Justin Trudeau.

De plus, le Conseil estime que le sous-titre n’est pas sensationnaliste, car le sensationnalisme implique la notion de déformation, d’exagération ou d’interprétation de la réalité. Le sous-titre fait écho, en d’autres termes, à la question adressée au premier ministre canadien par la communauté politique. L’utilisation d’un ton familier pour poser cette question ne constitue pas une déformation de la réalité. Selon le Conseil, « chaque média possède un ton et un langage qui lui est propre ».

Les plaignants ont également fait valoir que, dans l’article en question, Québecor laissait ses intérêts commerciaux, politiques et idéologiques l’emporter sur l’intérêt légitime du public pour une information de qualité. Or, le Conseil ne retient aucune preuve d’ingérence.

De la même manière, l’allégation selon laquelle la photo en première page était préjudiciable aux personnes d’origine indienne a été rejetée. Le Conseil a rejeté le grief de discrimination en raison de l’absence de preuves indiquant que le texte susciterait ou attiserait la haine et le mépris à l’égard des personnes d’origine indienne.

Bien que l’article et son titre aient pu être de « mauvais goût », ils n’ont pas été considérés comme des manquements aux obligations journalistiques.

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