Décès de Jean-Denis Lamoureux, militant et journaliste passionné

Jean-Denis Lamoureux, premier rédacteur du FLQ, avait plus tard oeuvré au «Journal de Montréal» et au «Devoir».
Photo: Facebook Jean-Denis Lamoureux, premier rédacteur du FLQ, avait plus tard oeuvré au «Journal de Montréal» et au «Devoir».

Le premier rédacteur des manifestes du Front de libération du Québec (FLQ), Jean-Denis Lamoureux, est décédé dimanche d’une longue maladie à l’âge de 79 ans. Fervent indépendantiste, il mit ses mots et ses idées au service du mouvement révolutionnaire avant de connaître, dans une deuxième vie, une longue carrière de journaliste au sein du Journal de Montréal et du Devoir.

Son parcours de communicateur a débuté alors qu’il n’avait pas encore vingt ans. Au début des années 1960, il fraye avec les jeunesses communistes, le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), puis les membres originels du FLQ.

Il affûte ses premières armes de communicateur au sein de ce dernier collectif. C’est lui qui rédige le tout premier manifeste du FLQ, avec son confrère Pierre Schneider, y articulant l’engagement du mouvement envers la « révolution sociale ».

Ce manifeste ne sera diffusé par aucun média. « Il en était très déçu », raconte au Devoir son ami Louis Fournier.

Le parcours clandestin de Jean-Denis Lamoureux tourne rapidement court lorsque, en 1963, la police l’arrête en compagnie de 22 autres membres actifs du FLQ.

Nouvelle vie

 

Auparavant connu sous le nom de Denis Lamoureux, il amorce un nouveau départ après son séjour en prison, sous le nom de Jean-Denis Lamoureux. Un certain Pierre Péladeau l’embauche en 1965 pour son Journal, fondé l’année précédente. Le jeune journaliste gravit les échelons jusqu’à devenir directeur général au Journal de Québec. « C’est un jeune homme qui est passé de membre d’un mouvement terroriste à une carrière dans le monde du journalisme », relate Louis Fournier, qui souligne son parcours « remarquable ».

Toujours « discrètement » indépendantiste, Jean-Denis Lamoureux renoue avec la politique active en acceptant une offre de René Lévesque. Il devient son directeur des communications en 1983. « Il a compris que ce n’était pas par la violence qu’on allait faire l’indépendance nationale », témoigne l’ami du défunt, également auteur du livre FLQ : Histoire d’un mouvement clandestin.

Ce fut « l’un des postes dont il était le plus fier », se rappelle une autre amie de longue date, Paule Beaugrand-Champagne, qui parle de lui comme d’un homme « passionné » en ce qui concerne l’indépendance du Québec et doté « d’une grande compétence ».

Le rôle de Jean-Denis Lamoureux au sein du gouvernement l’envoie aussi à la délégation générale du Québec à Bruxelles.

Le brouillamini qui s’empare du Parti québécois durant ces années le renvoie à son rôle de journaliste, cette fois au Devoir. De 1988 à 1993, il est chef de pupitre. Il ne délaisse pas pour autant son côté militant, devenant pendant quelques années président du syndicat des journalistes.

Jean-Denis Lamoureux terminera sa carrière de journaliste à la même adresse que là où il l’avait commencée, en tant que responsable de la une au Journal de Montréal.

Avec Paul Fontaine

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