Le «24 heures» se transforme pour renouveler son lectorat

Nouveaux contenus, nouvelle plateforme, nouveaux collaborateurs: le <em>24 heures</em> fait peau neuve.
Photo: Capture d'écran Nouveaux contenus, nouvelle plateforme, nouveaux collaborateurs: le 24 heures fait peau neuve.

Nouveaux contenus, nouvelle plateforme, nouveaux collaborateurs : le 24 heures fait peau neuve pour mieux rejoindre les jeunes générations. La publication de Québecor met ainsi fin à son quotidien papier, distribué gratuitement dans le métro montréalais, pour devenir un magazine hebdomadaire.

« Disons que l’équipe sort de l’île de Montréal et va élargir ses horizons. On va continuer de décrypter l’actualité quotidienne, mais avec des formats différents qui vont rejoindre les jeunes générations. On veut vraiment traiter l’actualité dans l’univers numérique », explique en entrevue Charles D’Amboise, directeur adjoint des contenus d’information au 24 heures.

Cette nouvelle identité s’exprimera donc autant dans le fond que dans la forme. La couverture médiatique s’éloignera ainsi de la politique montréalaise et des enjeux sociaux métropolitains qui animaient traditionnellement le quotidien créé en 2003. L’accent sera mis sur des sujets qui rejoignent davantage les préoccupations du jeune public, comme la crise climatique, la politique, la santé, l’éducation, la consommation ou encore la sexualité.

« On veut ouvrir le dialogue et s’intéresser à tous les points de vue, que vous soyez un étudiant à Matane, une jeune professionnelle à Montréal ou un travailleur social à Granby », précise le média dans une note adressée jeudi à ses lecteurs sur son site Web renouvelé.

Les formats vidéo et des textes courts et synthétisés seront mis en avant afin de mettre en contexte l’actualité ou de bien expliquer certains concepts plus complexes. Le 24 heures misera également sur des portraits de personnes « inspirantes » et des reportages terrain. La couverture médiatique en général s’inspirera « du journalisme de solution », précise Charles D’Amboise. « Avec la pandémie, plein de problèmes de société sont ressortis. On en parle tous les jours dans les médias, mais nous, on veut les aborder en apportant aussi des solutions concrètes à ces problèmes. »

Et pour mieux coller aux intérêts des jeunes générations, l’information va côtoyer des contenus de divertissement et art de vivre. D’autres marques de Québecor, comme Le sac de chips, Billie, Silo 57, Pèse sur start et Porte-monnaie, se retrouveront sur la plateforme numérique du 24 heures afin de compléter son offre d’informations.

Ces importants changements n’ont pas affecté les postes des journalistes, qui continueront tous d’alimenter le site de nouvelles. De nouveaux collaborateurs s’ajoutent également à l’équipe. Leurs noms seront dévoilés au cours des prochaines semaines, mais on sait déjà que l’autrice et chroniqueuse Rose-Aimée Automne T. Morin y parlera d’intimité et de sexualité. Le doctorant en sociologie Philippe Néméh-Nombré se prononcera quant à lui sur des enjeux sociaux de l’heure, tandis que la militante environnementaliste Léa Ilardo discutera de solutions concrètes aux défis climatiques.

Du quotidien au magazine

Cet important virage numérique marque par contre la fin du quotidien papier qui était distribué dans le réseau du métro montréalais cinq jours par semaine. La direction n’a toutefois pas souhaité se départir complètement du papier puisque le quotidien deviendra un magazine. Coiffé du slogan « Mieux comprendre », il sera distribué dans le métro, toujours gratuitement, les jeudis à compter de la semaine prochaine.

Le 24 heures avait déjà annoncé lundi que sa version papier ne serait plus publiée « sur une base quotidienne », laissant toutefois planer le mystère sur son avenir.

« Ce n’est pas une décision qui a été motivée par la pandémie. On avait une volonté d’aller chercher une ligne éditoriale différente et osée, davantage centrée sur le numérique, depuis longtemps chez Québecor », soutient Charles D’Amboise.

Rappelons que l’édition papier du 24 heures avait tenu le coup depuis le début de la pandémie, malgré la baisse importante de l’achalandage dans le métro montréalais. Le journal avait simplement prolongé d’une semaine la pause habituelle de l’édition imprimée durant le temps des Fêtes.

Ce n’est pas une décision qui a été motivée par la pandémie. On avait une volonté d’aller chercher une ligne éditoriale différente et osée, davantage centrée sur le numérique, depuis longtemps.

 

Depuis septembre, son concurrent, le journal Métro, publie une version imprimée seulement deux fois par semaine — soit le mercredi et le vendredi — plutôt que cinq fois, comme avant la pandémie. Une décision qui découle d’une diminution des revenus publicitaires engendrée par la baisse d’achalandage dans les transports en commun. Métro avait même dû cesser complètement la distribution de sa version papier pendant trois semaines en août dernier.

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