Radio-Canada demande au CRTC une marge de manoeuvre pour bien remplir son mandat

Les audiences du CRTC ont pris fin avec la réplique de la direction de CBC-Radio-Canada. Il s’agissait des audiences visant à renouveler ses licences pour 2021 à 2026.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les audiences du CRTC ont pris fin avec la réplique de la direction de CBC-Radio-Canada. Il s’agissait des audiences visant à renouveler ses licences pour 2021 à 2026.

Devant le CRTC jeudi, la direction de Radio-Canada a insisté sur la nécessité d’obtenir une certaine marge de manœuvre afin de bien remplir son mandat, dans le contexte du développement accéléré des médias numériques.

Les audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qui avaient débuté le 11 janvier, ont ainsi pris fin avec la réplique de la direction de CBC-Radio-Canada. Il s’agissait des audiences visant à renouveler ses licences pour 2021 à 2026.

La présidente-directrice générale de la société d’État, Catherine Tait, a souligné que le diffuseur public ne pouvait être figé dans le temps par son encadrement réglementaire, alors qu’une bonne partie de l’auditoire migre des médias traditionnels vers le numérique, surtout les plus jeunes générations.

« Est-il possible de concevoir un régime réglementaire plus flexible qui nous permettrait d’aligner notre mandat avec nos ressources ? Il le faut. Accorder une plus grande flexibilité à CBC-Radio-Canada ne veut pas dire lui donner carte blanche. Ce n’est pas ce que nous demandons. Mais nous avons besoin d’une marge de manœuvre pour innover et prendre des risques », a plaidé Mme Tait.

La direction avait déjà précisé, lors des audiences, que 25 % de son auditoire suivait Radio-Canada sur les plateformes traditionnelles seulement, 25 % en mode numérique seulement, alors que 50 % variait entre les deux modes.

Elle affirme donc que les exigences en termes d’heures de programmation ne peuvent être « figées dans le passé », compte tenu de l’évolution du comportement des consommateurs.

« Nous devons conserver la flexibilité et l’indépendance nécessaires pour répondre rapidement aux changements de l’industrie et aux attentes de notre auditoire », a encore plaidé Mme Tait.

Francophones minoritaires

Pour ce qui est des critiques entendues lors des audiences, notamment de la part de représentants des communautés francophones dans les provinces où elles sont minoritaires, le vice-président principal Michel Bissonnette a soutenu que les sondages commandés par la société d’État démontraient au contraire une satisfaction élevée.

Des francophones du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, notamment, s’étaient plaints de ne pas se voir, de ne pas s’entendre à la société d’État.

« Je comprends tout à fait qu’il puisse y avoir une certaine frustration », a commenté M. Bissonnette, avant de citer les résultats d’un sondage de perception mené en 2020 chez des francophones qui vivent en situation minoritaire au Canada : 89 % ont jugé que la programmation reflétait les régions du pays à ICI télé et ICI Première.

De même, 78 % disaient que cette programmation reflétait leur région, 81 % qu’elle reflétait leur culture. « Ces résultats parlent d’eux-mêmes. Ils correspondent aussi à ce que nous entendons sur le terrain », a objecté M. Bissonnette.