En bref: Sévère autocritique du New York Times au sujet de sa couverture de l'Irak

New York — Des défaillances collectives, et non de personnes, ont mené le New York Times à se laisser manipuler dans sa couverture de l'Irak avant la guerre par des personnes souhaitant l'entrée en guerre des États-Unis, affirme son médiateur dans une sévère autocritique hier.

«Une partie de la couverture du Times dans les mois précédant l'invasion de l'Irak était crédule, et beaucoup [de cette couverture] a été mis en valeur et placé en première page de manière inappropriée, avec des titres vendeurs», écrit Daniel Okrent dans une tribune. «Ce mauvais journalisme pratiqué par le Times s'est poursuivi dans les semaines qui ont suivi le début de la guerre, à une période où les journalistes auraient pu se libérer des sources gouvernementales anonymes qui s'étaient insinuées, avec leurs idées, dans la couverture précédant la guerre», poursuit M. Okrent. Cette tribune est publiée quatre jours après un premier mea-culpa du prestigieux quotidien dans un éditorial avouant des erreurs de couverture et regrettant parfois son manque de rigueur face à des informations erronées. Le quotidien y admettait s'être souvent reposé sur de faux éléments, notamment sur l'existence d'armes de destruction massive, transmis par des Irakiens en exil dont le seul but était le renversement de Saddam Hussein. Bien qu'elle ne soit pas citée hier, trois des cinq articles les plus contestables du Times ont été rédigés par Judith Miller. Mais Okrent insiste sur le fait qu'accuser un journaliste ne serait ni juste, ni exact. «La défaillance n'était pas individuelle, mais institutionnelle», écrit-il, ajoutant que la recherche de scoops et le «syndrome de la première page» qui animait les rédacteurs avaient envahi l'ensemble du journal.

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