Démissions en bloc au journal «Métro»

Parmi les employés ayant annoncé leur départ, on compte les deux directeurs de l’information, Marie-Eve Shaffer et Baptiste Barbe.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Parmi les employés ayant annoncé leur départ, on compte les deux directeurs de l’information, Marie-Eve Shaffer et Baptiste Barbe.

Semaine sombre au journal Métro. Dans les derniers jours, le quotidien gratuit a vu cinq employés de la rédaction — soit environ le tiers de la salle de nouvelles — et une responsable des ventes remettre leur démission.

Des lacunes dans la gestion ainsi que le déménagement de l’entreprise dans des bureaux de l’arrondissement excentré de Saint-Laurent auront précipité leur décision, selon les informations du Devoir.

Andrew Mulé, le vice-président de la maison-mère Métro Média, a confirmé ces six départs par voie de communiqué, mais y dit refuser de « discuter plus amplement du détail de ces départs pour des raisons de confidentialité ». Joint au téléphone, M. Mulé n’a pas voulu répondre aux questions du Devoir.

Parmi les employés ayant annoncé leur départ, on compte les deux directeurs de l’information, Marie-Eve Shaffer et Baptiste Barbe. Métro perdra aussi Jessica Dostie, responsable des sections thématiques, ainsi que les pupitreurs Camille Lopez et Alexis Boulianne.

« Plus vraiment Métro »

Quelques-uns de ces employés d’expérience ont confirmé leur départ jeudi matin sur les réseaux sociaux.

M. Barbe a voulu souligner la passion de son équipe, l’humanisme des lecteurs et le respect gagné au sein des médias du Québec. Des qualités qui ont « manqué au-dessus de nous ces dernières années », déplore-t-il.

« C’est déchirant, remettre sa démission, partir volontairement d’un endroit où tu te voyais travailler longtemps, longtemps, longtemps », a exprimé Camille Lopez.

Mme Shaffer, qui a travaillé dix ans au Métro, a précisé avoir accroché son calepin « parce que Métro n’était plus vraiment Métro ». « Parce que Métro ne me permettait plus de m’accomplir comme avant. »

Le quotidien montréalais a récemment vu partir son directeur principal, Yves Bédard. Dans son cas, le départ ne serait pas dû à une démission, mais à une décision de la haute direction. Joint par Le Devoir, M. Bédard n’a pas voulu commenter la situation.

Dans son communiqué, M. Mulé a précisé que le média avait été en mesure de pourvoir deux des postes laissés vacants. « Et nous comptons remplacer les autres postes dans un avenir rapproché. Les rédacteurs, les journalistes et les créateurs de contenu du journal Métro sont les artisans qui nous permettront d’écrire notre prochain chapitre et de contribuer à nos succès futurs. »

Déménagement

Les infrastructures de Métro déménageront dans environ trois semaines. Le quotidien spécialisé dans l’actualité montréalaise est présentement installé dans une tour du centre-ville, à l’angle de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque Ouest.

En février, le vice-président Andrew Mulé avait dit au Devoir qu’il ne fermait pas la porte à l’ouverture d’un bureau plus près du feu bouillant de l’actualité de la ville.

« Si ça me prend un espace commun pour faire du travail, des entrevues, [situé] plus dans le centre de Montréal, on va le [trouver], disait-il alors. Pour le moment, on va traiter les exceptions et les gérer une fois qu’elles se présentent. »

Selon nos informations, des employés du journal auraient fait des démarches pour trouver un petit local mieux situé pour couvrir les sujets politiques et judiciaires, par exemple, mais cette option aurait été écartée par M. Mulé.

Métro déménagera ses pénates dans un local du boulevard Marcel-Laurin, à l’angle des autoroutes 15 et 40, à 10 minutes de marche de la station Du Collège.

L’entreprise propriétaire du journal gratuit, Métro Média, a acheté Métro et la trentaine d’hebdos montréalais de Transcontinental en avril dernier.

C’est déchirant, remettre sa démission, partir volontairement d’un endroit où tu te voyais travailler longtemps, longtemps, longtemps