Des dizaines de stages sont éliminés dans les journaux

Les mesures de restriction budgétaire se poursuivent au sein des médias québécois et affectent maintenant les stages d'été, généralement très courus par les finissants des écoles de communication.

La Presse élimine ses stages rémunérés cet été, tout comme Le Nouvelliste et La Tribune. Certaines années, ces trois quotidiens embauchaient plus de 20 stagiaires au total. Le Soleil aura plutôt recours à des surnuméraires qui ne seront plus supervisés par un reporter senior.

Toujours selon les informations obtenues par Le Devoir, Radio-Canada ferme également ses portes aux recrues. Le Service français de l'information vient d'avertir les finissants des écoles de journalisme qu'il ne recevra aucun stagiaire d'été au reportage. L'an dernier, une douzaine d'apprentis avaient profité de ces formations rémunérées.

«Nous tentons de réduire nos coûts d'exploitation», explique Caroline Jamet, vice-présidente aux communications de La Presse. «Nous annulons donc les stages pour cet été, mais on y reviendra peut-être. C'est une mesure d'exception.» La tradition du stage estival dans son quotidien remonte à un quart de siècle.

Par euphémisme, les gestionnaires du petit empire de presse de Power Corporation parlent d'un «plan de contingence». Mme Jamet refuse de dévoiler les économies recherchées par l'exercice de compression des dépenses.

Radio-Canada a annoncé le mois dernier la suppression d'environ 800 postes au pays et à l'étranger, dont 335 au réseau français, pour combler en partie un manque à gagner de 171 millions. Plusieurs émissions vont passer à la trappe d'ici l'automne.

Une cinquantaine de candidats aux stages de La Presse ont été avertis hier par un courriel laconique signé par le directeur de l'information. «Vous connaissez la situation de crise économique qui frappe le pays et particulièrement l'industrie des médias, écrit Éric Trottier en se disant sincèrement désolé de la situation. La Presse n'y échappe malheureusement pas.»

Au cours des derniers mois, les journaux de Gesca ont mis en branle une mécanique d'attrition des postes laissés vacants par des mises à la retraite parfois stimulées par des primes de départ. La Presse a ainsi éliminé une vingtaine de postes de journalistes. Le Soleil en a fait disparaître huit depuis janvier sur un total d'environ 80. D'autres attritions suivront au quotidien de Québec, selon une source syndicale, puisque 25 reporters toujours au boulot auraient maintenant passé l'âge de 60 ans.

Chacune des publications fait ses choix. La direction du Soleil affirme qu'elle n'élimine pas les embauches estivales. Elle va plutôt remplacer les stages par des emplois rémunérés de surnuméraires. Les jeunes embauchés ne seront plus supervisés par un journaliste d'expérience.

Le Quotidien de Chicoutimi est le seul journal du groupe Gesca à envisager le statu quo. Quatre stagiaires s'activent déjà à la rédaction. D'habitude, deux ou trois d'entre eux restent en place pour l'été, ce qui pourrait encore être le cas cette année, selon le rédacteur en chef.
1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 21 avril 2009 07 h 45

    Et au «Devoir» ?

    Le journaliste ne parle pas de la situation au «Devoir». Cela aurait été bien.