«Stray»: la ville à hauteur de chat

Le prologue de «Stray» nous a fendu le coeur. Accompagné par d’autres félins, notre petit chat explore les restes d’une ville reprise par une végétation luxuriante.
Photo: Annapurna Interactive Le prologue de «Stray» nous a fendu le coeur. Accompagné par d’autres félins, notre petit chat explore les restes d’une ville reprise par une végétation luxuriante.

Avant sa sortie, il figurait sur le plus grand nombre de listes de souhaits sur Steam. Et il ne déçoit pas. Stray, le nouveau jeu indépendant pour PC et PlayStation dans lequel on prend la place d’un petit chat rouquin perdu dans un mystérieux monde postapocalyptique peuplé par des robots, est intelligent, magnifique et brillant. Plongeons.

Le prologue de Stray nous a fendu le coeur. Accompagné par d’autres félins, notre petit chat explore les restes d’une ville reprise par une végétation luxuriante. Mais voilà, quelques instants plus tard, il tombe dans un précipice menant tout droit au creux d’égouts remplis de déchets. Seul et séparé de ses copains, notre personnage principal doit retrouver son chemin vers la surface.

Il faut savoir que dans cet univers futuriste, l’humanité n’est plus, anéantie par tout ce qui nous hante déjà aujourd’hui : le capitalisme sauvage, le réchauffement de la planète, les pandémies. Des robots humanoïdes animés par intelligence artificielle ont pris leur place, survivant sous terre, isolés du reste du monde. Mais il y a un espoir : si un chat peut survivre à l’extérieur, d’autres le peuvent aussi.

Aidé par des robots aspirant à faire l’expérience de ce monde extérieur, il faudra résoudre plusieurs mystères pour faire rejaillir la lumière sur cette ville. Mais attention : des bestioles mutantes se cachent dans les égouts, et elles n’ont pas peur des boules de poils.

Si Stray est avant tout un jeu narratif comme Annapurna Interactive a l’habitude de nous en offrir, sa véritable force se cache dans ses casse-tête franchement bien pensés et dans ses vastes niveaux de jeu de plateforme en trois dimensions conçus par l’équipe de BlueTwelve Studio, formée par d’anciens développeurs d’Ubisoft. En l’espace de quelques minutes, on passe du rôle du chat détective à celui du chat ninja.

Il y a quelque chose de rafraîchissant à découvrir à hauteur de chat cette ville nocturne largement inspirée par l’esthétique de Hong Kong : certes, on est petit, mais on est aussi bien agile. Avec une aisance désarmante, on court dans les rues, on grimpe sur les climatiseurs attachés aux fenêtres et on saute d’un toit de tôle à l’autre. Et entre deux siestes, on fait nos griffes sur le coin du canapé.

En tant qu’amoureux des chats, on a par contre souffert des passages de combat contre les féroces bestioles mentionnées plus haut et ceux, plus loin dans le récit, lors desquels on doit échapper au regard de drones policiers agressifs. Aujourd’hui, on ne ressent presque plus rien lorsque notre personnage meurt dans un jeu vidéo. C’est une tout autre chose lorsque notre avatar est un petit minou, surtout lorsqu’il est animé avec un réalisme aussi bluffant. Mais le jeu en vaut tout de même la chandelle. Ces passages sont heureusement rares et brefs, et ils ajoutent à la tension : nos amis robots sont terrorisés par l’extérieur, il faut leur en donner une raison.

Terminé en environ 5 heures, 8 si l’on veut découvrir tous les secrets que le jeu recèle, on ne peut que recommander Stray. Pour le récit, pour le design de niveaux franchement réussi, et pour ce bouton sur la manette qui n’a qu’une seule fonction, miauler. On a adoré.

 

Stray

★★★★

Conçu par BlueTwelve Studio et édité par Annapurna Interactive. Offert pour PC (Steam) et PlayStation 4 et 5.

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