«Viens souper»: parler pour parler

Scène tirée de l'émission «Viens souper»
Photo: AMI-télé/Urbania Scène tirée de l'émission «Viens souper»

Quelques minutes suffiront pour vous faire tomber sous le charme des répliques de France, de l’enthousiasme de Claudia ou encore de l’assurance de Camille, toutes trois ayant un handicap. La première est aveugle depuis dix ans, la deuxième est quadriplégique et la dernière est amputée des membres supérieurs depuis la naissance. À chacun des sept épisodes de Viens souper, trois invités comme elles discutent de thématiques universelles telles que le célibat, le rapport au corps ou encore les voyages, en y présentant leur réalité au cours d’un souper.

La conversation, qui permet de briser les tabous et de s’informer, est animée par le journaliste Dominic Tardif, bien connu des lecteurs du Devoir, lui-même amputé d’une jambe. L’animateur de 35 ans a perdu celle-ci à 14 ans, alors qu’on lui retirait une tumeur cancéreuse.

Il s’agit donc de la personne idéale pour prendre les rênes de la nouvelle série signée Urbania, bien qu’il en soit à ses premières armes à la télévision. Son manque d’expérience devant la caméra transparaît à quelques reprises, mais c’est aisément pardonné par la pertinence des propos abordés et surtout par la finesse avec laquelle l’auteur du balado Deviens-tu c’que t’as voulu ? pose ses questions pas toujours évidentes.

Outre le manque de convivialité forcée par la distance physique entre les gens, COVID-19 oblige, Viens souper est d’une rare authenticité. Avec ses passages tantôt émouvants, tantôt comiques, l’émission sensibilise à certaines réalités moins connues et rarement nommées. Douce et brillante, l’émission de 45 minutes vaut assurément le détour.

Viens souper

AMI-télé, dès le 6 septembre à 18 h



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