«La story d’Angèle»: la voix de son époque

Radio-Canada

Avec ses tubes, dont l’incontournable Balance ton quoi  élevé au rang d’hymne féministe, Angèle aura cristallisé l’esprit de sa génération, dans la foulée de figures pop comme Lio ou Vanessa Paradis. À la différence près qu’Angèle « n’a eu ni Jacno ni Gainsbourg » pour lui mettre des mots dans la bouche. « Elle écrit toutes ses chansons, elle est un peu son propre Pygmalion », relève, admirateur, l’artiste et réalisateur Doriand qui figure parmi les poids lourds appelés à témoigner de son ascension formidable dans La story d’Angèle.

À 25 ans, Angèle reste celle qui a rempli le plus de Bercy avec un seul album, Brol. Rendues détestables par une narration hyperactive, les premières minutes de ce document sont l’exact contraire de l’énergie s’en dégageant, ce dernier ne tardant pas à trouver son rythme en se collant à la personnalité sans filtre de la sensation belge. Il faut dire que la populaire émission de variétés a les moyens de ses ambitions, mixant regards d’experts et entretiens intimes à une panoplie d’extraits luxueux glanés au catalogue de l’autrice de Ta reine.

On remonte ainsi le fil d’une jeune enfant de la balle qui a grandi dans la lumière bienveillante de son père, le chanteur Marka, en plus de partager la scène avec son frère, le rappeur Roméo Elvis (rattrapé depuis par la vague #MoiAussi, valant à Angèle plus que sa part de haine en ligne après y avoir été élevée au statut de reine). Moins militante que férocement certaine de ses choix, Angèle s’y pose en esprit libre, désarmante de fraîcheur, capable de plaire à l’ado comme à la grand-mère.

 

La story d’Angèle

Artv, le lundi 24 mai, 20 h

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