«Sortez-moi de moi»: sous pression

«Sortez-moi de moi» met en scène Clara St-Amand (Sophie Lorain, sur la photo) et Myriam Melançon (Sandra Dumaresq), travailleuses sociales chargées d’envoyer des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières).
Photo: Yan Turcotte «Sortez-moi de moi» met en scène Clara St-Amand (Sophie Lorain, sur la photo) et Myriam Melançon (Sandra Dumaresq), travailleuses sociales chargées d’envoyer des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières).

Trois semaines après avoir dévoilé la série Portrait-robot sur Club Illico, le tandem de choc que forment Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault présentait jeudi les trois premiers des six épisodes de Sortez-moi de moi à la presse. Diffusé sur Crave dès vendredi prochain, ce thriller campé dans l’univers des intervenants de première ligne et de la psychiatrie sortira en même temps dans sa version doublée en anglais (Way Over Me). Une première au Canada pour une série québécoise.

C’est en lisant un article de journal à propos de travailleurs sociaux collaborant avec les policiers que l’actrice et le réalisateur ont eu l’idée de Sortez-moi de moi. Toutefois, ils n’avaient pas prévu de l’écrire eux-mêmes. En raison de conflits d’horaire, ils ont dû remplacer les scénaristes Michel Monty et Mathieu Arsenault, qui ont pu demeurer consultants pour la série, qui s’inspire de cas véridiques.

Sortez-moi de moi met en scène Clara St-Amand (Sophie Lorain) et Myriam Melançon (Sandra Dumaresq), travailleuses sociales chargées d’envoyer des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à la psychiatre Justine Mathieu (Pascale Bussières). Tandis que Clara doit apprendre à travailler avec son nouveau partenaire, Gabriel Beauregard (Bruno Marcil), qui vit une séparation difficile, Justine se laisse séduire par David Ducharme (Vincent Leclerc), patient bipolaire de type 2. Or, comme le veut le proverbe, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés…

Similitudes

Bien que Sortez-moi de moi soit à des années-lumière de la lumineuse série Au secours de Béatrice, qui traitait par la bande de santé mentale, ce sombre thriller partage quelques éléments avec elle.

« C’est sûr que toute l’exploration des problèmes de santé mentale par rapport aux médecins, c’est ce qui m’a intéressée quand j’ai demandé à Francine Tougas de faire Au secours de Béatrice d’après son roman. Après ça, c’est toujours resté à notre esprit, à Alexis et à moi », raconte Sophie Lorain.

Au-delà du thème de la santé mentale, les deux séries se rapprochent par sa lumière mordorée, quasi aveuglante dans certains plans, ses mouvements de caméra amples, l’utilisation de la profondeur de champ.

« Je n’ai pas consciemment pensé à Au secours de Béatrice, mais c’est sûr que Crave m’a donné les moyens de tourner la série en anamorphique, explique Alexis Durand-Brault. Ça m’a permis d’aller encore plus loin. Je voulais faire une photo qui déstabiliserait tant par la lumière, la brillance, les couleurs, qui sont saturées. Mon inspiration, sans aucune prétention, c’était A.I. de Steven Spielberg, où il y avait une luminosité très particulière. »

Afin d’illustrer les phases maniaques du personnage de Vincent Leclerc, déjà éblouissant dans cette série, le réalisateur a ainsi magnifié l’acteur en le nimbant d’une lumière d’une grande intensité.

« Cette signature-là au niveau de l’éclairage, que je trouve très, très cinématographique, on ne l’utilise pas beaucoup, faute de temps ou de moyens, à la télé québécoise. Ça m’a pris quelques jours à m’adapter à certains éléments de cinéma, que ce soit une recherche du son ou de l’éclairage. J’ai fait confiance, car je savais que tel élément d’éclairage ou tel mouvement de caméra viendraient souligner, appuyer, porter ce que je faisais. C’est plus facile à ce moment-là de laisser aller. C’est pas juste un éclairage pour moi, ça fait partie du tout », affirme Vincent Leclerc.

« Dans Au secours de Béatrice, il y avait quelque chose de poétique dans les éclairages, rappelle Sophie Lorain. Dans Sortez-moi de moi, il se décline d’une autre façon. On ne voulait pas exploiter le côté qui est facilement glauque au visuel des problèmes de santé mentale. Ça reste quand même une série de fiction, du divertissement ; on n’est pas dans le documentaire. »

À peine le premier épisode visionné, il est difficile de résister à la tentation de regarder en rafale tout le reste de la série. Et de rêver à une autre saison. « On verra… » répond l’actrice.

 

Sortez-moi de moi 

Dès le vendredi 7 mai, sur Crave

À voir en vidéo