​Sur vos écrans: la beauté du monde et ceux qui veulent la sauver

Une scène du documentaire «L’odyssée pacifique» de Guillaume Beaudoin
Photo: Guillaume Beaudoin Une scène du documentaire «L’odyssée pacifique» de Guillaume Beaudoin

Encore une fois cette année, la pandémie a raison d’une large part des événements et manifestations qui marquent le Jour de la Terre. On peut donc se tourner vers la télévision pour faire le plein d’exemples inspirants de gens qui veulent par différents moyens renverser la tendance de la crise climatique qui mine l’avenir (et le présent) de la planète.

 

En quête de solutions

On compare souvent le Pacifique Sud au « canari dans la mine » de la crise climatique. Dans son long métrageOdyssée pacifique, à la frontière du documentaire et de l’essai, Guillaume Beaudoin, dont on a pu découvrir les talents derrière la caméra dans la superbe série Tribal (toujours diffusée sur TV5), a voulu explorer cette vaste région, sur le « pouce » nautique (il accostait d’île en île des capitaines de voiliers pour se rendre à sa prochaine destination), s’arrêtant dans plusieurs contrées exotiques et menacées, à la rencontre de gens qui ont décidé de poser des gestes concrets pour inverser la tendance. Ce splendide carnet d’un voyage s’étalant sur huit mois, truffé d’images somptueuses sous les mers et sur ces terres d’exception que sont les îles Marquises, Bora Bora, Tahiti, Fidji et consorts, nous fait découvrir des créateurs de zones protégées éducatives, des jardiniers de coraux et de mangroves, une avocate de baleines, des peuples qui renouent avec leurs traditions ancestrales et d’autres qui les tentent de les préserver, même si leur territoire est disparu ou est en voie de l’être. Le cinéaste baroudeur, généreux de réflexions sur son engagement individuel « vert », termine son long périple porteur d’espoir à petite échelle à bord du premier essai, infructueux, de cueillette de plastique en haute mer du projet Ocean Cleanup. Il émane pourtant de cet échec un optimisme qui fait un bien fou et qui porte à réfléchir sur nos propres gestes pour la sauvegarde de la planète.



Odyssée pacifique
TV5, jeudi, 20 h 
   

Greta et compagnie

La superstar du militantisme climatique, l’encore toute jeune Greta Thunberg, est au centre d’une série documentaire produite par la BBC et diffusée en rafale à PBS, dont elle est également l’animatrice. On la retrouve au moment où le récent documentaire qui lui était consacré, I Am Greta, se terminait, lors de son séjour en Amérique du Nord à l’automne 2019. En plus de la suivre sur toute une année dans les différentes manifestations et conférences où elle est invitée, puis dans le grand confinement de la pandémie, cette production au ton intimiste donne l’occasion à la jeune militante de se rendre à divers endroits en Occident où les changements climatiques se font sentir très concrètement et d’interroger des scientifiques qui les observent et les documentent, des victimes directes et collatérales, et des chercheurs qui développent des solutions prometteuses, quoiqu’imparfaites. On ressort de ces trois heures de constats inquiétants avec l’impression de connaître un peu mieux celle qui inspire tant de jeunes militants, plus au fait de la crise climatique et un peu, beaucoup, découragé…

Photo: PBS

Le documentaire Rébellion, réalisé pour le compte de l’émission TheNature of Things, donne tout de même quelques raisons de croire en l’avenir. L’animateur David Suzuki y rencontre des militants de divers horizons, dont plusieurs très jeunes gens, grandement inspirés par le combat de Greta Thunberg, qu’il croise d’ailleurs à la grande manifestation montréalaise de septembre 2019, mais aussi quelques vétérans, dont sir David Attenborough et une certaine Jane Fonda, qui témoignent de leurs actions, de leur détermination pour brasser la cage des dirigeants et faire enfin bouger les choses.



Greta Thunberg : A Year to Change the World
PBS, jeudi, dès 20 h

Rebellion
RDI, mercredi, 20 h en version française et à CBC, vendredi, 21 h et sur CBC Gem en version originale anglaise 
  

Le visionnement de la semaine

Le grand maître du documentaire nature, le vénérable mais toujours aussi curieux sir David Attenborough, poursuit sa collaboration fructueuse avec le géant californien du streaming avec cette magnifique minisérie documentaire qui nous fait découvrir en trois épisodes les secrets et propriétés des animaux aux couleurs et aux motifs éclatants et fascinants, qu’ils déploient pour séduire, se défendre et se fondre dans la nature… Les images d’une précision et d’une beauté rares de ces bêtes majestueuses et la narration enthousiaste mais toujours posée d’Attenborough font de cette production le parfait refuge télévisuel.



La vie en couleurs avec David Attenborough (Life in Colors with David Attenborough en V.O.A.)
Netflix, dès jeudi 

À ne pas manquer

Invisibilité remarquée
 

Il ne se passe plus une semaine sans qu’une nouvelle série de superhéros fasse son apparition sur une plateforme ou une autre. Cette fois, c’est au tour de Netflix de proposer une production italienne de cet acabit, croisée avec un drame adolescent à la prémisse classique. Omar (Giuseppe Dave Seke), un grand timide doué pour le dessin, solitaire et impatient de pouvoir fuir son quartier de banlieue milanaise, passe inaperçu auprès des jeunes de son âge. C’est en découvrant dans des circonstances dramatiques qu’il peut devenir véritablement invisible que celui qu’on surnomme Zéro devient très populaire et participe au mouvement pour sauver son quartier menacé par les bandits et les promoteurs immobiliers de luxe. Vaste programme.



Zero
Netflix, dès le 21 avril