​Sur vos écrans: à domicile

Une scène
du docuréalité
«Je suis
déménageur»,
à Canal D
Photo: Canal D Une scène du docuréalité «Je suis déménageur», à Canal D

Des hommes de métier

La série documentaire d’observation de « métier » est un genre qui ne semble pas vouloir s’essouffler à la télévision québécoise. C’est du moins ce que laissent présager les nouveautés de la programmation printanière de Canal D, puisque les deux productions originales lancées cette semaine sont des docuséries de cet acabit, avec des titres qui laissent peu de place pour l’imagination et qui mettent en lumière (encore une fois, serait-on tenté d’ajouter…) des métiers essentiellement masculins.

La série Je suis déménageur offre une incursion fort sympathique dans le quotidien de quelques déménageurs expérimentés et de leur patron, qui œuvrent au sein d’une entreprise bien connue de ce domaine (dont on taira ici le nom, mais dont il est difficile de se défaire du ver d’oreille que constituait jadis sa chanson publicitaire) pendant la période la plus occupée de l’année, la belle et chaude saison…

Chacun des huit épisodes présente en parallèle deux histoires de déménagement, réalisées et commentées en alternance par Alain, Sylvain, Guillaume et Richard, quatre « pros » aux profils (et aux gabarits) différents qui pratiquent ce métier exigeant physiquement et psychologiquement depuis plusieurs années. À leurs témoignages éclairants sur les joies et misères de leur métier, dans lesquels ils se dévoilent avec une franchise parfois étonnante, s’ajoutent les impressions, tout aussi senties, de clients, qui s’épanchent brièvement sur les raisons de ce changement important dans leur vie, de leurs appréhensions et de leurs attentes face aux déménageurs. Ainsi, dans le tout premier épisode, on fait la rencontre d’une Lavalloise, veuve depuis quelques années, qui se résout à quitter la maison où elle a vécu toute sa vie « adulte », le cœur gros, malgré un sentiment de libération.

Même si elle est prévisible à plusieurs égards, autant dans son canevas scénaristique classique que dans l’usage immodéré d’une musique un brin tonitruante, Je suis déménageur arrive à surprendre (agréablement) dans le choix des exemples illustrés (un déménagement commercial un 1er juillet), s’avère parfois enlevante (surtout dans des cages d’escalier et des couloirs étroits) et fait envisager autrement ce métier qui demande du doigté autant que de la force.

Le lendemain, la docuréalité Enquêtes incendies nous fait découvrir le travail méconnu des… enquêteurs en incendies, qui ont pour mission de déterminer la ou les causes d’un feu d’un bâtiment ou parfois même d’un véhicule, le plus souvent pour le compte des compagnies d’assurances. La série réalisée et scénarisée par Erika Reyburn et Martin Paquette, le tandem derrière la très réussie À deux pas de la liberté, ne déroge pas de la formule consacrée du genre en présentant deux enquêtes auxquelles s’attelle la même équipe de techniciens et enquêteurs chevronnés, menée par Alain Harvey, un ancien policier qui met à profit son expérience lors des entretiens, parfois un peu corsés, qu’il doit mener avec les victimes et témoins des brasiers doit il doit élucider les causes.

Les différents cas de figure présentés, certains plus banals que d’autres, donnent à voir les techniques et procédés mis en place pour mener à bien ce genre de mission, qui demande tout d’abord un excellent sens de l’observation, surtout quand le sinistre est peut-être d’origine criminelle, ce qui serait le cas pour 20 à 30 % des incendies au Québec. C’est dans ce type d’enquête que cette incursion dans le quotidien des « Sherlock » de la braise devient la plus prenante, presque autant que certains des polars de fiction.



Je suis déménageur / Enquêtes incendies
Canal D, mardi, 19 h 30 / Canal D, mercredi, 19 h 30 
  

Indécente folie…

On l’entend au quotidien depuis le début de la pandémie : le marché immobilier actuel est complètement fou. La flambée des prix incessante donne du fil à retordre à ceux qui aspirent à devenir propriétaires de leur demeure ou qui souhaitent en changer… La nouvelle série documentaire de Canal Vie exploite ce filon en suivant six familles ou couples qui se sont lancés dans la jungle immobilière, à la recherche de la « maison de leurs rêves », ou quelque chose qui y ressemble, sans pour autant se mettre sur la paille, ou le moins possible.

Le seul épisode que nous avons pu voir donne à croire que cet objectif semble irréaliste pour plusieurs des participants, qui ont pourtant des moyens substantiels pour y arriver, avec une capacité de payer qui dépasse largement le demi-million de dollars. Ils sont épaulés dans cette mission décourageante par des agents immobiliers dont l’expertise n’est pas tellement mise en avant dans leurs brèves interventions. On les sent presque aussi déstabilisés que leurs clients par la montée vertigineuse, pour ne pas dire carrément indécente, des prix. Bien des téléspectateurs, probablement moins en moyens, se demanderont s’ils pourront un jour devenir propriétaires ou se trouver un logement relativement abordable. Voilà un autre filon à explorer : une série documentaire sur la « folie » qu’est la crise du logement actuelle.


Offre acceptée
Canal Vie, mardi, 20 h 30 

À ne pas manquer

Les retombées d’une tournée historique

En septembre 1973, le président Nixon poursuivait son projet de rapprochement diplomatique avec la Chine maoïste en confiant à l’Orchestre de Philadelphie la mission d’une tournée de concerts, la première pour un orchestre américain depuis 1949, dans une République populaire en pleine Révolution culturelle. Le documentaire Beethoven in Beijing relate dans le détail cette tournée historique et s’intéresse surtout aux retombées de ce passage remarqué après la mort de Mao, avec la renaissance de la musique classique en Chine, et les liens qui se sont créés au fil du temps entre les artistes chinois et l’Orchestre de Philadelphie, que l’on retrouve sous la baguette de Yannick Nézet-Séguin.

​Great Performances : Beethoven in Beijing
​PBS, le 16 avril, 21 h

Le visionnement de la semaine

Les frères Gleeson, Brian (Peaky Blinders) et Domhnall (Ex Machina), ont voulu jouer les antihéros en créant et en interprétant les rôles principaux de cette comédie « adulescente » à l’humour souvent douteux. Brian y incarne le personnage-titre, un trentenaire égocentrique, immature, misanthrope et fainéant, habitant toujours chez sa mère en banlieue de Dublin et encore en peine d’amour d’une relation à laquelle il a mis un terme depuis des années. On le suit dans ses mésaventures absurdes et désespérantes, dont essaie de le dépêtrer son seul ami, le trop loyal et bonasse Doofus (Domhnall). La demi-douzaine d’épisodes de ce projet un peu « broche à foin » arrive à nous faire sourire plus que rire des malheurs de son héros pas du tout attachant. Heureusement, son entourage, des personnages certes caricaturaux mais plus chaleureux, vient sauver la mise de cette comédie qui exploite à outrance des stéréotypes usés à la corde. Dommage.



Frank of Ireland
Prime Video, dès le 16 avril