«L’industrie de la vieille$$e»: demain des aînés

Dominic Desmeules

Dans Le château, documentaire consacré à sa mère en perte d’autonomie, Denys Desjardins posait un regard clairvoyant sur le vieillissement au Québec. À cette incursion intime, parfois douloureuse, sur le front de la vieillesse, le cinéaste adjoint aujourd’hui une puissante réflexion critique sous la forme d’une websérie de onze épisodes. Dans sa mire : les dessous d’une industrie aux appétits tentaculaires qui trouve dans le Québec vieillissant un terreau fertile pour prospérer.

En 2046, ils seront un million à avoir passé le cap des 85 ans. Déjà, un aîné sur cinq vit en résidence au Québec, contre 5 % dans le reste du Canada. « Ceux que nous appelions nos anciens vivent désormais dans des ghettos […], loin de nous », leurs proches, constate le cinéaste. Pour comprendre et mesurer les effets de cette vie en vase clos sur le tissu social — qu’elle soit en résidence luxueuse, en modeste RPA ou en CHSLD — , Denys Desjardins échange avec 14 spécialistes diserts et généreux : préposé, infirmière, médecin, travailleuse sociale, proche aidant, démographe, gériatre…

Leurs conversations croisées, bien équilibrées, permettent à Denys Desjardins de développer sa pensée avec un heureux sens de la mesure. Mention spéciale à l’archéologue Yolande Simard Perrault, directe et éminemment lucide (l’épouse du cinéaste Pierre Perrault est décédée depuis). On peut entrer soi-même dans la réflexion par le biais d’une webfiction offrant un aperçu du quotidien des 65 ans et plus en 2031. Pas fou, sachant que, dans ces lendemains prochains, la population québécoise comptera un aîné sur quatre personnes.

L’industrie de la vieille$$e

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