«Paradise Killer»: enquête «vaporwave»

«Paradise Killer» prend place sur Paradise 24, éden artificiel du Syndicat, oasis vouée à des dieux d’une autre galaxie.
Photo: Fellow Traveller «Paradise Killer» prend place sur Paradise 24, éden artificiel du Syndicat, oasis vouée à des dieux d’une autre galaxie.

Les membres du conseil ont été assassinés. Après un très, très long exil, l’enquêtrice Lady Love Dies est rappelée pour élucider le mystère derrière ce massacre. Un suspect a déjà été placé en garde à vue, prêt à être jugé. Mais s’agit-il vraiment du coupable ? C’est au joueur de le découvrir dans Paradise Killer, un jeu d’enquête en monde ouvert campé sur une île paradisiaque à l’esthétique vaporwave, ce sous-genre musical associé aux musiques électroniques.

Paradise Killer prend place sur Paradise 24, éden artificiel du Syndicat, oasis vouée à des dieux d’une autre galaxie. En vue à la première personne, on ratisse l’île à la recherche d’indices qui nous permettront de trouver le ou les responsables du crime. Les suspects sont nombreux. Untel a-t-il un alibi solide ? Une autre aurait-elle un motif assez grave pour avoir commis un tel crime ? Était-ce le travail d’une seule personne… ou y a-t-il eu conspiration ?

À la manière d’un roman interactif, on interrogera les membres du Syndicat qui ont survécu à la nuit fatidique où leurs patrons ont été assassinés. Chaque interrogatoire permet de découvrir plus d’informations sur les autres suspects, qu’on retournera questionner ensuite. L’enquêtrice Lady Love Dies a aussi plus d’un tour dans son sac : son ordinateur Starlight permet, en plus de récolter les preuves et de bâtir nos dossiers, de pirater les différents terminaux disséminés sur l’île Paradise, ouvrant ainsi la porte à plus d’un secret.

À tout moment est-il possible de rencontrer le juge afin de lancer le procès, similaire à ceux de la série de jeux japonais Ace Attorney ; ce sera le point culminant de l’enquête où Lady Love Dies « trouvera sa vérité » et devra « exécuter la justice », littéralement. On peut déclencher cet événement dès les premières minutes du jeu, mais ce serait gâcher notre plaisir. Dans notre cas, c’est seulement après une dizaine d’heures (un peu trop long ?) que l’on a eu l’impression d’en savoir assez pour déposer nos accusations. Une finale qui en vaut la peine !

L’esthétique de Paradise Killer est franchement unique. Grandement inspiré par la culture Internet, le jeu mélange vaporwave, seapunk, satanisme et… érotisme avec brio. Ses habitants, en deux dimensions, sont dessinés de façon idéalisée, un peu à la manière des adolescents qui peuplaient le réseau social Tumblr ou la plateforme de partage DeviantArt à leurs apogées. Ça sent les hormones, sourire en coin. Et impossible de ne pas mentionner l’excellente trame sonore qui accompagne le tout, signée par le compositeur électro Epoch.

Paradise Killer est un solide premier projet pour le studio indépendant britannique Kaizen Game Works. Au terme de notre enquête, le Syndicat quitte son ancien éden pour Paradise 25, censé être parfait. Mais on sait bien que la perfection est inatteignable… Devrait-on s’attendre à une suite ? On le souhaite.

 

Paradise Killer

★★★★

Conçu par Kaizen Game Works et édité par Fellow Traveller. Offert pour Nintendo Switch et Windows 10 (Steam).