​Sur vos écrans: Sports et société

«Beartown» offre des scènes de hockey fort bien chorégraphiées et enlevantes.
Photo: Bell Média «Beartown» offre des scènes de hockey fort bien chorégraphiées et enlevantes.

Le hockey, la morale et le reste

Notre sport national n’est pas souvent à l’honneur dans les séries de fiction, du moins celles tournées ailleurs qu’au Canada. Il se retrouve pour une rare fois au cœur de la minisérie Beartown, la seconde production originale d’HBO Europe issue de Suède, adaptée d’un roman du même titre de Fredrik Backman (Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove), qui a d’ailleurs collaboré au scénario et à la production. Quiconque connaît un peu l’intrigue de ce roman à succès sait que ce récit plus social que sportif se trouve à des lieues de Lance et compte et autres Demain, des hommes, même si la proposition de départ peut faire penser à cette dernière série.

On y suit le destin d’une équipe de hockey junior de Beartown, une petite ville industrielle sur le déclin, un peu comme le Montferrand de Demain, des hommes. Les trop rares succès de la formation, elle aussi sur le déclin, tiennent uniquement au talent de Kevin, son joueur étoile qui a des ambitions de carrière professionnelle de haut niveau… Jusqu’à ce que l’équipe soit reprise en main par un autre grand hockeyeur originaire de la ville, Peter Andersson, jeune retraité d’une équipe canadienne (non identifiée) de la LNH de retour au bercail après un drame familial tragique.

Sous sa gouverne, les Ours reprennent du poil de la bête, au point de se rendre en finale nationale, qu’ils doivent absolument remporter pour assurer leur survie, mais aussi celle de leur ville qui se meurt. Quelques jours avant ce match décisif, le viol d’une jeune fille viendra complètement bouleverser le destin de l’équipe, de son entourage, créera des divisions profondes et mettra en évidence les fractures qui existaient déjà au sein de cette petite communauté tissée « serrée » et conservatrice.

Le hockey devient dès lors un sujet bien secondaire dans ce drame qui joue sur les notions de justice, de vérité, de morale et de pardon, en abordant également en filigrane le racisme et l’homosexualité taboue chez les jeunes sportifs. Tout ça en cinq épisodes bien chargés, qui offrent des scènes de hockey fort bien chorégraphiées et enlevantes, des personnages adolescents riches et complexes, portés par des interprètes convaincants. Quelques questionnements viennent même nous hanter au bout du dernier épisode.



Beartown (version originale suédoise sous-titrée en anglais)
Crave, dès le 22 février, 21 h 
  

Le roi Pelé se raconte

Après la regrettée légende argentine qui a eu droit à son documentaire éponyme l’an dernier, le spectaculaire mais légèrement hagiographique Maradona, c’est au tour de l’autre « plus grand joueur de tous les temps » d’avoir son grand portrait biographique, qui se décline toutefois, du moins en partie, à la première personne. C’est que Pelé, triple champion du monde avec l’équipe brésilienne, aujourd’hui octogénaire, a participé à ce film qui porte son nom et qui retrace son parcours sportif exceptionnel, en parallèle au destin social et politique passablement mouvementé de son pays dans la seconde moitié du XXe siècle.



Pelé
Netflix, dès le 23 février 
  

Expérimenter, s’inspirer et s’amuser

La relâche scolaire « covidienne » est une belle occasion de suggérer un rendez-vous télévisuel quotidien « éphémère » qui propose aux jeunes vacanciers des façons de se désennuyer intelligemment. Il semble que Télé-Québec ait trouvé une formule parfaite pour ce contexte avec ce magazine jeunesse animé par Anaïs Favron, Patrice Bélanger et l’omniprésent (on se demande comment il fait !) Laurent Duvernay-Tardif. Un embargo médiatique nous empêche d’en dire beaucoup plus, sinon que les relâchés du primaire et les plus jeunes du secondaire devraient trouver leur compte dans cette quotidienne qui offre un mélange équilibré de divertissement, de connaissances et de sources d’inspiration de toutes sortes.



Sans relâche
Télé-Québec, du 26 février au 7 mars, 18 h 
 

Le visionnement de la semaine

L’ascension de Billie Eilish, la star pop adolescente qui sort du moule « habituel » et qui fait vibrer les adolescentes (et préados) un peu partout dans le monde, a été fulgurante. Ce documentaire original d’Apple TV+ raconte cette percée peu commune, à partir de la création, l’enregistrement et la sortie de son premier album il y a à peine de deux ans, encensé par la critique et le public. Le film offre également une incursion dans la vie de tournée de la jeune vedette planétaire, ainsi que dans sa vie privée, entourée de sa famille.



Billie Eilish : The World’s a Little Blurry
Apple TV+, dès le 26 février 

À ne pas manquer

Dans un autre «pays» du soleil
 

La franchise d’animation Les mystérieuses cités d’or, série culte des années 1980, semble être une mine (d’or !) inépuisable de suites depuis son retour en 2014 avec une deuxième saison des aventures d’Esteban, Zia, Tao et compagnie dans la Chine du XVIIe siècle. Depuis, nous avons eu droit à un troisième tome qui a vu ses héros explorer le Japon et plus brièvement l’Arabie. Dans ce tout dernier effort, les jeunes et intrépides explorateurs se rendent en Afrique, ce grand « pays » mystérieux au nord-est du continent. Encore une fois, le « méchant » apparu dans la deuxième saison, le diabolique Ambrosius, fera des misères à l’équipage de Mendoza…




Les mystérieuses cités d’or
Sur le Squat de Télé-Québec, dès le 26 février. Les saisons précédentes y sont également.