​Sur vos écrans - des formules éprouvées

Le comédien Éric Bruneau dans une scène de «Faits divers 4»
Photo: Serge Gauvin Le comédien Éric Bruneau dans une scène de «Faits divers 4»

Une dernière enquête dans la couronne nord

L’ultime enquête de Constance Forest et de ses collègues policiers de la couronne nord, mise en ligne juste avant les Fêtes sur le volet payant de Tou.tv, a droit à sa diffusion traditionnelle (et gratuite !) qui permet de déguster lentement ce bonbon acidulé qui provoque l’hilarité.

Au fil des quatre saisons de sa série, la scénariste Joanne Arseneau nous a tenus en haleine et a dilaté notre rate en imaginant des intrigues criminelles abracadabrantes, fruits des machinations de malfrats maléfiques ou des gaffes de pauvres innocents ou de crapules pas trop futées. Tout cela en réussissant à développer des arcs dramatiques plus classiques pour ses personnages réguliers, soit sa bande de flics plus ou moins caricaturaux et les proches de son héroïne, défendue avec conviction et constance par Isabelle Blais.

Dans ce dernier volet, la scénariste a un peu délaissé les histoires de cœur et de famille qui gravitent autour du poste, même si elle prend le temps de boucler la boucle de la plupart de celles-ci. On regrette seulement que certains des personnages les plus intéressants de cet univers, dont le père de l’héroïne, joué par Guy Nadon, fassent presque office de figurants dans ce dernier chapitre. D’autres « réguliers » se retrouvent (heureusement !) tout de même mêlés de près au récit criminel échevelé qui réunit par accident les membres d’un puissant cartel mexicain, un aspirant motard, entrepreneur prospère et philanthrope intéressé (Éric Bruneau), et un maladroit intellectuel de droite, animateur d’une populaire émission de radio (Simon Lacroix), qui se trouve au mauvais moment chez sa mère (Dominique Leduc), une travailleuse humanitaire hippie qui n’est pas complètement blanche comme neige…

Encore une fois, Faits divers épate par la réalisation inventive et colorée de Stéphane Lapointe et par sa distribution solide qui arrive à rendre crédibles (et parfois attachants) des personnages aux contours moins caricaturaux qu’il n’y paraît. On se souhaite d’autres productions de cet acabit sur nos écrans, un jour.



Faits divers, saison 4
Radio-Canada, lundi, 21 h 
  

C’est rien qu’un (autre) début

Neuf ans après sa dernière cuvée, le télé-crochet musical qui a fait connaître le genre aux Québécois revient juste à temps pour occuper (et probablement égayer) les soirées confinées du cœur de cet hiver pandémique. À propos de cœur, c’est le soir de la Saint-Valentin qu’a lieu le coup d’envoi de cette machine à lancer de potentielles stars plus ou moins éphémères, dont on a confié l’animation au chanteur Patrice Michaud. Au bout de ce gala d’ouverture à l’affiche particulièrement généreuse (Alaclair Ensemble, FouKi, Les sœurs Boulay, Louis-Jean Cormier, Corneille et Laurence Nerbonne), on connaîtra l’identité de la quasi-totalité des académiciens de la « cuvée » 2021, dont on pourra suivre les progrès dans les émissions quotidiennes qui devaient être diffusées dans la même case horaire que District 31, mais TVA s’est ravisée depuis…



Star Académie
TVA, dimanche, 19 h, et du lundi au jeudi, 19 h 30 
   

Terrain de jeux d’hiver

Photo: Évasion Il s’agit de la première expérience d’animation de la chanteuse Brigitte Boisjoli

Les émissions touristiques ont pris un virage plus local depuis vous savez quoi. C’est le cas de cette nouveauté de la chaîne Évasion qui veut nous faire découvrir des activités de plein air hivernales originales à faire dans différentes régions du Québec. Cette production passerait complètement inaperçue si ce n’était qu’il s’agit de la première expérience d’animation de la chanteuse Brigitte Boisjoli. Son entrain, parfois un peu trop intense, et sa curiosité sincère apportent une touche d’authenticité à ce magazine touristique de saison assez conventionnel. Dans le premier épisode, tourné en Gaspésie, l’animatrice néophyte s’initie au ski hors piste, au « fatbike » sur les plages et à la cueillette hivernale de champignons particuliers.



Attache ta tuque
Évasion, lundi, 21 h 
  

Comédie autobiographique

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’acteur et lutteur professionnel Dwayne Johnson sait faire preuve d’autodérision. Le prouve cette nouvelle comédie de situation qu’il coproduit et dans laquelle il tient la vedette, qui raconte certains épisodes de son enfance, de son adolescence et de sa vie de jeune adulte dans une famille voyageuse qui baigne dans l’univers de la lutte professionnelle. C’est surtout dans la prémisse que se révèle sa capacité de rire de lui-même : on le retrouve en 2032 alors qu’il se lance dans la course à l’élection présidentielle américaine et se remémore en entrevue sa jeunesse « modeste » pour montrer qu’il n’est pas déconnecté de la réalité.

Photo: CBS L’acteur et lutteur professionnel Dwayne Johnson

Au vu des courts extraits qui circulent en ligne, on peut s’attendre à une production gentiment comique, aux accents nostalgiques, qui jette un regard tendre sur son héros en pleine croissance, que l’on voit évoluer à 10, 15 et 18 ans, mais aussi sur l’entourage de la famille Johnson, dont certains lutteurs mythiques (dont André le Géant) qui ont travaillé sur le ring avec le père du héros.



Young Rock
CBS et CityTv, mardi, 20 h  

Le visionnement de la semaine

Cette minisérie britannique adaptée d’un roman à succès de Sarah Pinborough semble au premier abord être un autre thriller psychologique d’adultère, bien fait, bien joué, mais pas particulièrement original. On y suit Louise (Simona Brown), une mère célibataire, qui se rend compte que l’homme avec qui elle a eu un flirt quelques jours plus tôt est son nouveau patron (Tom Bateman). Elle développe une relation plus soutenue avec lui, mais noue également par hasard une amitié inattendue avec l’épouse de ce dernier, l’Alice du titre (Eve Hewson), une femme instable au passé trouble. Se déploient par la suite des sous-intrigues aux accents oniriques et ésotériques qui donnent une tout autre direction à cette production fort prenante, qui nous surprend jusqu’au dernier instant.



Behind Her Eyes (Mon amie Alice, en V.F.)
Netflix, dès le 17 février

À ne pas manquer

​D’un Thomas à l’autre
 

Puissante pièce sur nos responsabilités collectives et individuelles sur fond de drame à Lac-Mégantic, Les Hardings a vu sa tournée être freinée net par la pandémie. L’oratorio à trois voix imaginé par Alexia Bürger réaiguille sa trajectoire grâce à une incarnation télévisuelle qui transporte le téléspectateur dans le récit intimiste de trois hommes partageant le patronyme de Thomas Harding — un cheminot québécois, un assureur américain et un chercheur néo-zélandais —, lesquels sont interprétés ici par un trio d’acteurs absolument remarquable : Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil. Une grande pièce.



Les Hardings
Télé-Québec, le 19 février, 22 h ; en reprise le 21 février, 20 h 30