«Nuts»: mystères et noisettes

Dans ce jeu, on prend la place d’un (ou une, ce n’est pas précisé) assistant de recherche envoyé au beau milieu d’une forêt et chargé de découvrir où nichent les petits écureuils locaux. Pour ce faire, il faut placer des caméras vidéo (on en a deux au départ, puis trois) et découvrir le chemin que parcourent ces petites bêtes chaque nuit.
Photo: Noodlecake Dans ce jeu, on prend la place d’un (ou une, ce n’est pas précisé) assistant de recherche envoyé au beau milieu d’une forêt et chargé de découvrir où nichent les petits écureuils locaux. Pour ce faire, il faut placer des caméras vidéo (on en a deux au départ, puis trois) et découvrir le chemin que parcourent ces petites bêtes chaque nuit.

Drôle de petite bête que ce Nuts. Attendu depuis longtemps — la première démo date de 2018 et n’a cessé de nous trotter dans la tête depuis —, voilà que le jeu de surveillance d’écureuils est enfin offert sur PC et Nintendo Switch. Vaut-il tous les espoirs (et les prix) qu’on lui a accordés ?

On y prend la place d’un (ou une, ce n’est pas précisé) assistant de recherche envoyé au beau milieu d’une forêt et chargé de découvrir où nichent les petits écureuils locaux. Pour ce faire, il faut placer des caméras vidéo (on en a deux au départ, puis trois) et découvrir le chemin que parcourent ces petites bêtes chaque nuit.

On procède par essais et erreurs pour trouver l’endroit idéal où placer nos caméras. Une fois le repère trouvé, on envoie à la professeure Nina Scholz une photo du petit mammifère, permettant ainsi de faire avancer ses recherches. Assis devant nos moniteurs virtuels, on remarque que le style visuel très unique de Nuts, en bichromie contrastée, aide grandement à repérer les vifs rongeurs.

Mais voilà, au fil des six chapitres de cette chasse à l’écureuil, la forêt devient de plus en plus mystérieuse. Un peu à la manière du simulateur de randonnée Firewatch (pas le choix de faire le rapprochement), Nuts passe d’un banal jeu de cherche et trouve à un suspense environnemental. C’est que l’espèce d’écureuil qui habite la forêt de Melmoth est en voie de disparition. Des entreprises aimeraient bien qu’il n’existe plus de preuves de leur existence pour mener à bien leurs projets et leur quête de profit…

On se rappelle que Firewatch était très court, avec un temps de jeu de six heures environ. Il réussissait tout de même à développer en profondeur ses personnages. On se rappelle même avoir versé quelques larmes.

Nuts rate complètement la cible laissée par son prédécesseur. On finira par être sensible à la passion de la professeure Scholz pour ces petits rongeurs, mais après avoir terminé le jeu en seulement trois heures au chrono — y compris deux pauses-café ! —, on ne peut que regretter que l’expérience ne mène pas plus loin. Car la fin nous frappe très abruptement, sans que l’on ne puisse rien y faire. Si vite qu’on a tenté de revenir sur nos pas une fois les crédits passés avec l’idée qu’on avait dû manquer quelque chose. Non, vraiment, c’est la vraie de vraie fin.

Il aurait pourtant été possible d’étayer un peu plus l’aventure. Quelques fausses pistes auraient pu être ajoutées au mystère ici et là. Deux ou trois chapitres de plus, ne serait-ce que pour ajouter quelques casse-tête à la chose, auraient été bienvenus. On aurait souhaité, surtout, en savoir plus sur notre protagoniste, anonyme et muet !

Certes, l’équipe de développeurs indépendants menée par l’Islandais Jonatan Van Hove (Joon) a réussi à façonner un jeu très, très unique, tant visuellement que dans ses mécaniques, mais voilà : on est resté sur notre faim. À jouer entre deux aventures plus costaudes, peut-être, pour se rincer le palais. Mais sans plus.

 

Nuts

★★ 1/2

Conçu par Joon, Pol, Muutsch, Char et Torfi, édité par Noodlecake, offert pour iOS (Apple Arcade), Nintendo Switch et PC (Steam, itch.io et Humble).