​Sur vos écrans: destins singuliers

Elizabeth Carmichael et le prototype du Dale
HBO Elizabeth Carmichael et le prototype du Dale

La vie adulte, à la dure

Tout juste une semaine après le lancement à RDI de la docuréalité Au cœur de la DPJ, une incursion unique dans le quotidien difficile d’intervenantes de la Direction de la protection de la jeunesse, Canal Vie propose dans la case horaire qui la précède une série documentaire qui s’intéresse à la fin de parcours des jeunes au sein de cette institution. 

  Au fil des huit épisodes, beaucoup moins chargés de tensions et d’urgence qu’Au cœur…, on fait la connaissance d’une quinzaine de ces « finissants » de la DPJ, qui se préparent à ce nouveau départ angoissant, qui viennent tout juste de plonger dans leur nouvelle existence d’adulte « libre » ou qui ont déjà une certaine expérience de la vie en dehors du système de protection de l’enfance, qui est synonyme pour plusieurs de solitude, de grande pauvreté, et parfois d’itinérance. Ces jeunes gens, qui ne font pas de cachotteries sur leur lourd passé familial, se livrent à la caméra avec une grande générosité, sans esquiver leurs vulnérabilités, leurs angoisses, leurs appréhensions et leurs espoirs, sur les défis qu’ils ont à relever au quotidien pour atteindre cette autonomie sans perdre pied.

On les voit dans leurs interactions avec les intervenants de la DPJ et d’organismes communautaires qui leur viennent en aide dans cette périlleuse quête. Les témoignages de ces derniers apportent une dimension plus globale aux nombreuses difficultés auxquelles font face les jeunes adultes qui sortent du système et au manque de soutien dont ils disposent pour affronter le « vrai monde ». Le portrait qui en émerge n’est pas rassurant, mais offre quelques pistes de réflexion sur la façon dont on s’occupe des pupilles de la DPJ, une fois qu’elles ne le sont plus…



La vie après la DPJ
Canal Vie, lundi, 19 h 30 
   

Toute une vie… d’arnaques !

La vie mouvementée de l’Américaine Elizabeth Carmichael ferait une fiction épatante, mais elle resterait pour plusieurs fort peu plausible, et pourtant… La fabuleuse série documentaire The Lady and the Dale, réalisée par Nick Cammilleri et Zackary Drucker, une artiste multidisciplinaire, consultante et productrice de la série Transparent, et produite par les frères Duplass, dresse un portrait riche de cette femme transgenre qui a fait l’actualité au milieu des années 1970 avec ses ambitions de dominer l’industrie automobile avec le Dale, un véhicule « révolutionnaire » à trois roues, doté d’une carrosserie aux allures futuristes, à la consommation d’essence très basse et au prix de vente alléchant.

Le hic ? La fameuse voiture n’a été produite qu’en trois exemplaires, dont un seul pouvait fonctionner… Pourtant, la femme d’affaires a pu partir avec une caisse bien garnie au moment où les autorités se sont mises à ses trousses. Ce portrait documentaire magnifiquement servi par des animations originales et par les témoignages révélateurs de sa famille, de ses proches et d’anciens employés nous apprend qu’avant cet épisode, Carmichael, jadis Gerry Michael, un gentleman arnaqueur de première, avait déjà un lourd passé criminel et qu’après, sa vie fut presque aussi mouvementée. On vous laisse tout de même quelques surprises à découvrir au fil des quatre épisodes, aussi captivants, riches en rebondissements qu’un film d’aventures, qui brossent un portrait non seulement très nuancé mais extrêmement humain et ému de ce personnage plus grand que nature.

Un autre grand mérite de cette série documentaire est d’aborder la transformation sexuelle de son sujet sans l’assimiler à une tentative de fuir de se cacher des autorités, en documentant la démarche identitaire de celle-ci et en déconstruisant ce mythe tenace du « criminel qui se déguise en femme » qui existe dans la culture populaire depuis plus longtemps qu’on peut le penser. Une très belle surprise de cette rentrée télévisuelle hivernale.



The Lady and the Dale
HBO et Crave, les dimanches, 21 h   

Le visionnement de la semaine

Parfois, ce ne sont pas les monstres qui nous font le plus peur, mais bien la triste réalité, pas fantastique pour deux sous. Cette série d’anthologie d’horreur, d’abord lancée aux États-Unis à Hulu et inspirée du recueil de nouvelles North American Lake Monsters de Nathan Ballingrud, raconte le destin d’Américains dont les existences passablement troublées le sont encore plus par leur rencontre avec une entité étrange. Il se dégage de chacun des huit épisodes des ambiances inquiétantes bien différentes, au gré des histoires de dérives sociales et monstrueuses nous entraînant aux quatre coins du pays. Le premier épisode, planté dans la moiteur inquiétante du bayou de la Louisiane et mettant en vedette l’excellente Kaitlyn Dever (Unbelievable), terrifiera à coup sûr les parents de jeunes enfants.



Monsterland (V.O. et V.F.)
Crave, dès le 4 février

À ne pas manquer

Snoopy, encore et pour toujours
 

La filière Peanuts d’Apple TV+ s’agrandit encore. Après Snoopy dans l’espace, voici Snoopy et ses amis, une série originale, qui cible les 4 à 11 ans, sans oublier les grands pour autant. Chaque épisode comptera trois segments de sept minutes tirés des aventures de Charlie Brown à travers le temps, flanqué, bien évidemment, de Snoopy, son adorable beagle à l’imagination débridée, ici en pleine lumière. Autour d’eux, l’habituelle bande de copains est de retour à point nommé pour se joindre aux festivités, alors qu’en octobre dernier on célébrait le 70e anniversaire du premier strip publié par Schulz.



Snoopy et ses amis (V.F. de The Snoopy Show)
Apple TV+, dès le 5 février