«Teardown»: le grand cambriolage

Premier grand projet du petit studio suédois indépendant Tuxedo Labs, «Teardown» a débuté comme une expérience technologique.
Photo: Tuxedo Labs Premier grand projet du petit studio suédois indépendant Tuxedo Labs, «Teardown» a débuté comme une expérience technologique.

Préparation, exécution ; voilà les étapes essentielles à tout grand cambriolage. La première nous occupera le plus dans Teardown, alors qu’on planifiera notre coup et préparera le terrain en toute quiétude, et la deuxième sera, elle, exaltante.

Au bord de la faillite, le propriétaire d’une petite compagnie de démolition accepte des contrats de plus en plus louches et se retrouve pris dans l’engrenage d’une lutte que se livrent deux riches propriétaires du coin. Entre raser une maison patrimoniale qui fait obstacle à l’agrandissement d’un centre commercial et dérober des œuvres d’art de grande valeur, il n’y a qu’un pas (« That escalated quickly :- (»), nous écrira dans un courriel l’un des deux richards). Et voilà que s’ajoute la police qui nous tient par le collet. Et une compagnie d’assurances…

Premier grand projet du petit studio suédois indépendant Tuxedo Labs, Teardown a débuté comme une expérience technologique. Le studio a bâti son propre moteur permettant des environnements destructibles en voxels, de gros pixels en trois dimensions. Selon le développeur, il aura fallu plusieurs itérations pour y trouver un jeu. C’est finalement la formule Ocean’s 11 qui a prévalu, et on ne s’en plaindra pas.

Chaque « affectation » se déroule dans l’un des cinq niveaux qu’on apprendra par cœur au fil du jeu. Nos objectifs, comme détruire tel bâtiment ou dérober tels objets, sont bien souvent protégés par un système d’alarme seul. L’absence de gardes nous permet de préparer le terrain avec soin. Tout un arsenal (une masse, un chalumeau, des bombes, et plus) est à notre disposition. Il faudra démolir un mur gênant, construire un pont vers un objet convoité ou placer un véhicule au bon endroit ; car lorsqu’on déclenchera l’alarme, on n’aura que 60 secondes pour déguerpir.

En ressort un jeu en deux phases bien distinctes. La première est un doux casse-tête explosif. La deuxième, une course contre la montre effrénée dans laquelle une simple erreur — un virage ou un saut mal calculés, un effet papillon mal anticipé — peut facilement tout faire déraper.

En prévision de cela, Teardown nous encourage à utiliser son système de sauvegarde rapide. Même après avoir bien préparé notre parcours au travers d’une marina où l’on devait dérober cinq objets dispersés à travers le niveau, il nous aura fallu plusieurs tentatives pour arriver à nous échapper avant la fin du décompte. On parle ici de temps extrêmement serré, où trouver comment gagner une seconde ici, deux autres là entraînera défaite ou réussite. En ne visant que les cibles obligatoires aux missions, Teardown est un jeu difficile, mais si l’on veut corser les choses encore plus, des objectifs secondaires sont offerts. On pourra aussi y revenir plus tard.

Plus qu’une brillante expérience technologique — éclairée par simulation de lancer de rayons ! —, Teardown impressionne par son unicité. Qui aurait cru que de croiser Minecraft à Payday 2 pouvait être une si bonne idée ?

Teardown

★★★★

Conçu et édité par Tuxedo Labs. Offert en accès anticipé pour Windows 10 (Steam).