«Industries of Titan»: construire son propre petit enfer corporatiste

Dans «Industries of Titan», le joueur construit sur les vestiges d’une tentative ratée de colonisation de la plus grande lune de Saturne.
Photo: Brace Yourself Games Dans «Industries of Titan», le joueur construit sur les vestiges d’une tentative ratée de colonisation de la plus grande lune de Saturne.

À première vue, Industries of Titan (IoT) apparaît comme un simple SimCity dans l’espace. On ne bâtit toutefois pas ici sur l’habituelle parcelle de terre bucolique et vierge, mais plutôt sur les vestiges d’une tentative ratée de coloniser la plus grande lune de Saturne.

On est placé dans les souliers du p.-d.g. et fondateur d’une société véhicule d’un hypercapitalisme expansionniste à tous crins, dont l’objectif est de revaloriser une métropole crasseuse jonchée de gratte-ciel abandonnés. On comprend, à mesure que l’on construit par-dessus la mémoire de la civilisation condamnée qui nous a précédés, qu’ici l’histoire se répète sans que personne n’ait tiré de leçons.

Abattre ces ruines procure les ressources de base pour ériger, dans une esthétique glauque fort réussie, notre propre paysage urbain chargé de néons rappelant un classique comme Blade Runner. Le tout sur une trame sonore darksynth qui véhicule à merveille l’ambiance cauchemardesque qui règne dans votre petit enfer corporatiste en devenir.

IoT se démarque des autres jeux de gestion de ville en ce sens qu’il exige que l’on gère autant l’intérieur que l’extérieur des bâtiments que l’on construit. On dispose d’abord nos structures sur une carte divisée en tuiles qu’on acquiert avec de l’influence. Puis, on doit, dans leurs entrailles, disposer les meubles, modules ou machines de façon à donner à chaque bâtiment sa fonction particulière. Une usine n’est qu’une coquille vide jusqu’à ce qu’on la remplisse, par exemple, de contenants d’entreposage, de générateurs d’énergie ou encore d’espaces d’habitation.

Notre ville nécessite de l’énergie, qui doit être distribuée autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des édifices. On la génère par la combustion de carburant synthétisé à même l’atmosphère riche en méthane de Titan. Toute une infrastructure dont le développement est aussi complexe que satisfaisant. Les tâches sont exécutées par des Employés, sorte d’hybrides mi-hommes mi-machines infatigables, à distinguer des Citoyens, ces colons cloîtrés dans de minuscules cubicules et forcés de regarder en boucle des publicités qui rapportent des crédits. On peut convertir des Citoyens en Employés en les vidant de leurs organes pour les remplacer par des parties bioniques. Charmant. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre employés industrieux et consommateurs hébétés. Ça donne le goût de s’y installer, non ?

Là où la plupart des jeux de gestion de ville se contentent de représenter notre stock de ressources par des chiffres qui montent ou descendent, IoT place celles-ci physiquement dans le monde, ce qui ajoute une couche de gestion bienvenue. On a aussi trouvé son interface claire et plus polie que celle de bien des jeux du même genre.

Précisons quand même que IoT est un jeu en accès anticipé. Une fois le didacticiel terminé, la version actuelle est un bac à sable sans autre but que de prendre de l’expansion. Mais Brace Yourself Games a déjà apporté de nombreux ajouts dans les derniers mois et le studio offre une feuille de route détaillée des nombreuses fonctionnalités à venir. IoT a des fondations déjà très solides et s’annonce déjà comme un constructeur de ville classique en devenir.

Industries of Titan

★★★★

Développé et publié par Brace Yourself Games. Disponible en accès anticipé sur PC (Epic Game Store et bientôt Steam).

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