«Julie and the Phantoms»: esprit de groupe

La série jeunesse «Julie and the Phantoms» rend hommage au pouvoir de la musique et de l’amitié.
Photo: Netflix La série jeunesse «Julie and the Phantoms» rend hommage au pouvoir de la musique et de l’amitié.

Hollywood, 1995. Un groupe s’apprête à monter sur scène pour donner le spectacle de sa vie. Mais avant, le guitariste, le bassiste et le batteur décident de se sustenter avec des hot-dogs. Visiblement, leur fraîcheur laissait à désirer (celles des saucisses, pas des artistes). Ils s’empoisonnent. Et ils meurent.

Fin.

Non, un instant, ils reviennent soudain à la vie en 2020. Quand une jeune étudiante en musique retrouve un vieux CD appartenant à sa mère disparue. Les fantômes, eux, réapparaissent. Et commencent à jouer des chansons avec elle. « Tu veux faire partie de notre band ? »

D’où le titre de la série, Julie and the Phantoms, adaptation de la production brésilienne Julie e os Fantasmas, qui avait été nommée aux prix Emmy pour enfants.

Les jeunes semblent d’ailleurs craquer pour cette comédie musicale dramatique familiale. Sur le site spécialisé Rotten Tomatoes, le public lui accorde une note de 98 %. La critique est moins généreuse, mais les fans, eux, adorent. « On les surnomme les petits fantômes. On est tellement reconnaissants », lance Madison Reyes au bout de son Zoom. « Surtout pour tous les mèmes qu’ils créent de nous sur Internet », renchérit Charlie Gillespie.

L’acteur franco-américain, qui incarne le guitariste de la bande, a été vu dans la série fantastique Charmed. Madison, qui joue la Julie du titre, en est à son tout premier rôle. Pour l’instant, la comédienne d’origine portoricaine, née à Brooklyn, n’a même pas d’entrée Wikipédia. Elle a toutefois un grand charisme et un talent inné pour le jeu comme pour le chant.

Cela tombe bien, la série est chorégraphiée par Kenny Ortega, connu pour avoir imaginé les mouvements du film culte Dirty Dancing. Et pour avoir réalisé la trilogie cinématographique des High School Musical.

Et des numéros musicaux impressionnants, il y en a à la pelle dans sa nouvelle production, qui se tient principalement, elle aussi, dans une école secondaire, entre les rangées de casiers et les soirées dansantes. Le tout agrémenté de moult paillettes, chœurs, cerceaux et costumes étincelants. « Ah ! les costumes », s’exclament les deux acteurs.

Car outre les morceaux de musique comme Bright, brillant, qui rythment l’action, la série se distingue également par ses costumes conçus par Soyon An. Cette créatrice avait la feuille de route idéale pour la tâche. C’est elle qui s’est chargée des looks de Jem and the Holograms et a servi de consultante mode pour le concours de chant American Idol.

Les deux complices ne cachent pas leur fierté d’avoir à leur tour été consultés par Soyon lorsqu’elle élaborait leurs tenues. Madison raconte avoir suggéré de transformer une « robe qui l’avalait » en veston. Le résultat était tellement réussi qu’il s’est retrouvé sur l’affiche.

Charlie, quant à lui, se lance dans un monologue passionné sur ses t-shirts à l’effigie de groupes (dont Rush). Puis, il décrit en détail la longue veste en jean qu’il a eu l’honneur d’enfiler. « Vous savez celle avec des écussons rouges dans le dos ? Vous auriez dû voir ça de près, oh mon Dieu! »

C’est cette même veste que porte son personnage la première fois qu’il débarque au Club Fantôme d’Hollywood. Un bar mené par un esprit plus sombre et sinistre, incarné par le pro de Broadway, Cheyenne Jackson. Ce dernier propose aux musiciens un pacte avec le diable : jouer dans son club pour l’éternité. Accepteront-ils ?

Chacun réagira différemment à la proposition. Comme à cette soudaine arrivée en 2020. Le batteur par exemple, âme sensible aux faux airs de Nick Carter, réalisera simplement qu’il lui manque plusieurs références pop depuis son trépas en 1995. « C’est qui ça, Justin Bieber ? » Son ami bassiste le vivra plus difficilement. « Ils ont fait huit autres films de Star Wars ? ! ? Et ils ont tué Han Solo ? !! »

Ambition, célébrité, Green Day

Avec son côté sucré à la Disney (sur Netflix), son humour bon enfant et ses imbroglios, Julie and the Phantoms rappelle de vieux films familiaux à la Chérie, j’ai réduit les enfants. Un clin d’œil est également fait à Ghostbusters.

Parlant d’époque : Charlie est né en 1999, Madison en 2004. Les années 1990 ont-elles une aura mythique particulière pour eux, comme les années 1960 ou 1980 ont pu en avoir pour d’autres ? « Je veux dire, avec Google maintenant, on peut voir de quoi tout avait l’air avant. » (Merci, Charlie.)

« Mais, ajoute-t-il, bien des choses ne changent jamais, malgré le temps qui passe. Une âme ambitieuse, ça reste une âme ambitieuse. Et la musique, c’est encore de la musique. »

Peut-être, mais disons que les sonorités, elles, ne sont plus tout à fait pareilles. Même si Post Malone reprend désormais Kurt Cobain et que Bruno Mars évoque les années 1990 avec finesse (et son tube Finesse).

Même Charlie en convient. « Les sons de cette époque, c’était de la bombe. J’adore le punk-rock à la Green Day. Et puis, jouer avec l’idée de ne pas savoir ce qu’est qu’un téléphone portable, c’était assez cool. »

Au-delà du style, Madison Reyes souligne avoir apprécié les thèmes qu’aborde le récit. La soif de célébrité et ses risques. L’importance de prendre soin de ses proches et de ne rien tenir pour acquis. « Quand je suis rentrée à la maison après le tournage, confie-t-elle, j’ai décidé de passer le plus de temps possible avec ma famille. De profiter de chaque instant. Parce qu’on se sait jamais ce qui peut arriver. »

Les deux amis savent cependant qu’ils rêvent de voir la série revenir pour une seconde saison. Car les neuf épisodes se terminent sur une fin ouverte. À une suite surtout.

À voir en vidéo

Julie and the Phantoms

Saison 1, sur Netflix