Balados: écho des mots, écho du passé

Photo: Getty Images / iStockphoto

(aparté) — Au mieux un écho

Traduire, c’est trahir, dit le vieil adage. C’est peut-être un peu simpliste comme vision, mais elle révèle une chose : l’art de la traduction est bien souvent affublé de diminutifs. C’est pareil avec le titre du premier volet de la série de balados (aparté) de la maison d’édition Alto : Au mieux un écho.

La maison d’édition promet d’aborder dans le futur « les fascinants métiers du livre », et commence par trois épisodes autour du travail méconnu et pas si simple de la traduction. C’est l’autrice et traductrice Catherine Leroux qui mène le tout, chaque épisode étant fait d’une entrevue (avec Éric Fontaine, Sophie Voillot et Lazer Lederhendler) sur un angle précis du métier.

Au mieux un écho — un titre qui ne reçoit pas vraiment l’aval des invités, mais qui a le mérite de faire jaser — livre ses sujets dans un ordre cohérent, en commençant par le très bon filon de la traduction de l’humour, un art complexe mais intéressant pour les néophytes. On creuse ensuite plus dans des sphères conceptuelles mais non moins intrigantes, comme l’empathie du traducteur vis-à-vis du texte à travailler. Il manque peut-être d’exemples concerts pour illustrer les idées des deux derniers épisodes, mais Au mieux un écho s’avère une écoute utile pour le lecteur lambda.

Passé date ?

Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, dit le vieil adage. Et le balado est un formidable véhicule certes pour les histoires avec un petit « h », mais aussi pour l’Histoire avec un grand « H ». Qub Radio vient d’ailleurs de lancer Passé date ?, une production qui décortique nos racines en s’attardant au Québec et au Canada.

Coproduit avec Montréal en histoires, Passé date ? est animé par le professeur, vulgarisateur et auteur Martin Landry. Le fait qu’il soit enseignant n’est pas anodin, car le balado, qui comptera à terme 12 épisodes, est assez intéressant pour tous mais destiné aux ados. Le récit est très relax, livré au « tu » et légèrement enrobé d’effets sonores et de musique — dont ce thème principal aux allures de Sinnerman, de Nina Simone.

Passé date ? ne se déroule pas en ordre chronologique, mais s’installe plutôt autour d’événements ou de thèmes, comme l’arrivée de l’intendant Talon au Canada, l’apport canadien à la Deuxième Guerre mondiale, ou le « mystère iroquoien ». Le premier épisode sait se faire attirant : on y parle de nos sports nationaux. On n’attire pas des mouches avec du vinaigre. Ni avec des adages.