Distance 31

Dans les quatre épisodes de «District 31» qui feront à la fois office de conclusion de la quatrième saison et d’introduction à la cinquième, aucun rapprochement physique n’est à signaler.
Photo: Radio-Canada Dans les quatre épisodes de «District 31» qui feront à la fois office de conclusion de la quatrième saison et d’introduction à la cinquième, aucun rapprochement physique n’est à signaler.

Le plateau de District 31 postpandémie ? « Je pourrais m’y faire opérer à cœur ouvert, tellement c’est propre », affirme Luc Dionne.

On se souviendra que la quatrième saison de la fiction phare de Radio-Canada avait été laissée en suspens le 2 avril dernier, laissant également en suspens les 1,769 million de spectateurs quotidiens. Même le premier ministre Legault a dit avoir hâte de connaître la fin en annonçant les investissements en culture, au début du mois de juin.

Relancer la machine en respectant les règles de la Santé publique a néanmoins été une entreprise « épique », confie Fabienne Larouche.

Si beaucoup de spectateurs risquent de regarder la dramatique en sondant le respect desdites règles (les personnages sont-ils assez éloignés les uns des autres ?), rappelons que l’émission se prêtait déjà parfaitement à l’exercice. Pas besoin de se donner des « colleux » lors d’un interrogatoire. Pas besoin d’embrasser le témoin ou de serrer la main de l’accusé.

Dans les quatre épisodes qui feront à la fois office de conclusion à la quatrième saison et d’introduction à la cinquième, aucun grand rapprochement n’est ainsi à signaler. Les discussions dans le stationnement se font appuyées, face à face, sur le capot d’une voiture, les échanges discrets, eux, se déroulent discrètement des deux côtés d’un bar.

Si l’on se chicane, c’est séparés l’un de l’autre par plusieurs boîtes de déménagement. Et si l’on se touche, c’est en cas de kidnapping. De toute façon, les malfaiteurs, vêtus de la tête au pied, sont masqués selon les exigences, non pas de la Santé publique, mais bien de leur métier.

Certes, avec une vision postpandémie, ces détails sautent au (couvre-)visage, mais Luc Dionne tient à souligner que rien n’a vraiment changé. Fabienne Larouche aussi.

« Son écriture ne porte pas sur les relations intimes. Il n’y a pas de baise là-dedans, ça passe à 19 heures ! » s’est exclamée la productrice d’Aetios au cours d’une conférence de presse tenue, époque oblige, sur Zoom.

Donc, des changements, il n’en a pas fallu tant que ça. Peut-être seulement réviser les scènes où il y avait de la neige. Évaluer le degré de feuillage des arbres. Adapter le scénario en fonction de la temporalité.

« Moi, […] des scènes d’amour, je n’en écris pas beaucoup », comme l’a spécifié Luc Dionne à un confrère du Soleil.

Interrogé sinon sur plusieurs filons de la cinquième saison (dont l’arrivée de Rémy Girard), le scénariste et producteur associé a laissé planer un certain flou. D’ailleurs, ce nouveau personnage incarné par l’acteur vétéran n’aurait « pas encore de nom ».

Au sujet des possibles chamboulements que la pandémie aurait provoqués dans son quotidien, le créateur a avoué : « Je n’ai vraiment pas grand-chose à dire, j’ai juste continué de travailler. »

Car le confinement, Luc Dionne le vit toute l’année, en raison de sa profession. Écrire est un acte solitaire.

Le tournage, lui, est une affaire d’équipe. C’est pourquoi il a salué celle, technique, qui a rendu la création possible. Celle du montage particulièrement, qui a fait preuve de grande efficacité.

Après plusieurs minutes, Luc Dionne a fini par annoncer une nouveauté, soit l’arrivée d’un couple de personnages patrouilleurs. Un ajout qui permettra « d’être aux premières loges » de l’action. « Avant que les sergents-détectives arrivent. »

Outre ces détails, peu d’éléments ont été modifiés pour respecter les consignes de sécurité. Certes, la table de la salle d’interrogatoire a été remplacée par une plus grande. Et un coordonnateur, ou plutôt « une police sanitaire » dixit Fabienne Larouche, a été engagé. « Sur le plateau, il y avait des masques, mais surtout de la solidarité », a ajouté le producteur Michel Trudeau.

Quelqu’un qui meurt

Cette nouvelle saison sera celle durant laquelle le 500e épisode de District 31 sera présenté, a rappelé Dany Meloul, directrice générale de la Télévision de Radio-Canada.

Mais avant que cet anniversaire ne survienne, Nancy Riopelle, incarnée par la toujours excellente Geneviève Schmidt, décidera de « crisser son camp à l’autre bout du monde ». Sa sœur, jouée par Marion Van Bogaert Nolasco, se demandera si partir comme ça parviendra à « effacer sa souffrance ».

Sur une note plus légère, un clin d’œil à l’usage aussi croissant que dérangeant de l’expression « bon matin » fera sourire le spectateur.

Sur le plateau, il y avait des masques, mais surtout de la solidarité

 

Car la série, qui en est à sa septième semaine de tournage depuis que le monde s’est arrêté, met en avant des sujets qui paraissent faire écho à l’actualité. Les dénonciations notamment. Mais Luc Dionne, qui écrit 4800 pages par année, assure qu’il ne puise pas dans les nouvelles pour tisser sa toile. « J’aurais de la misère à faire ça. Je trouverais ça racoleur. »

Il trouverait également « plate » que ses personnages se posent trop longtemps. « Il n’y a rien de plus statique en télévision que des gens assis autour d’une table. »

Loin d’une telle léthargie, ces derniers courent, se déplacent et s’adonnent à des filatures dans les quatre épisodes de retour-lancement dont la durée a été doublée, suivant la suggestion du scénariste.

Après cet interlude, ce sera un retour à la normale en format de 30 minutes pour la quotidienne. Enfin... « normale ». « La deuxième semaine, il y a quelqu’un d’important qui meurt, gang ! » a lancé Fabienne Larouche avant que ses collègues n’enterrent son divulgâcheur sous quelques « chut » et que la conférence coupe, commodément. 

Le retour | la fin de la quatrième saison de District 31

Du 7 au 10 septembre à 19 h Sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé