«Fall Guys: Ultimate Knockout»: la saveur du mois

Soixante joueurs s’affrontent, non pas dans une arène qui rétrécit graduellement, mais dans une série d’épreuves simplistes dont seuls quelques participants se seront qualifiés pour le défi suivant.
Photo: Mediatonic/Devolver Digital Soixante joueurs s’affrontent, non pas dans une arène qui rétrécit graduellement, mais dans une série d’épreuves simplistes dont seuls quelques participants se seront qualifiés pour le défi suivant.

Depuis sa parution début août, Fall Guys : Ultimate Knockout est en quelque sorte devenu la coqueluche du mois. Plus de 1,5 million de joueurs y avaient joué dans les 24 heures suivant sa sortie, et sa popularité ne semble pas vouloir s’estomper depuis. Saura-t-il étirer son succès au-delà de l’été ?

Développé par Mediatonic et édité par Devolver Digital, Fall Guys est un « battle royale » pas comme les autres, offrant une formule rafraîchissante qui tranche avec ce qu’on a l’habitude de voir dans les jeux en ligne compétitifs. Soixante joueurs s’affrontent, non pas dans une arène qui rétrécit graduellement, mais dans une série d’épreuves simplistes dont seuls quelques participants se seront qualifiés pour le défi suivant. Il n’est pas question ici de tuer les autres joueurs, mais de survivre jusqu’à ce que l’on soit dernier debout, pour être couronné grand gagnant.

Fall Guys se distingue aussi par son « écart de compétence » (skill gap) très petit. La différence entre le meilleur et le pire joueur d’une épreuve est plus une question de chance que de talent. Les contrôles sont d’ailleurs d’une simplicité à la portée de tous. Vous n’avez que trois actions possibles : sauter, plonger et agripper.

C’est une lame à double tranchant puisque beaucoup d’épreuves, surtout les courses, se résument à un chaos dans lequel on n’a pas ou peu de contrôle sur sa destinée. Les joueurs se lancent pêle-mêle dans la joute, espérant franchir les obstacles juste assez rapidement pour se détacher du peloton. Et pour les malchanceux qui resteront embourbés, la partie est perdue d’avance.

Avec sa physique volontairement maladroite, aidant au chaos et à la confusion, Fall Guys se veut avant tout une expérience légère et drôle. Les joueurs capables d’autodérision seront mieux servis que ceux à l’esprit compétitif.

Cette légèreté se voit d’emblée dans l’esthétique du jeu. Votre avatar est une sorte de jellybean ― ou un Minion de marque Sans nom si vous préférez ― que vous pouvez personnaliser à votre goût avec des uniformes tout aussi loufoques les uns que les autres. Les arènes ont davantage des allures de jeux gonflables brindezingues que d’épreuves sérieuses.

Il n’y a qu’un seul mode de jeu et les épreuves sont choisies de manière aléatoire parmi quatre catégories, dont des courses à obstacles, des puzzles et des jeux en équipes. La première saison compte 25 épreuves, dont une majorité composée de courses. Celles-ci se ressemblent un peu trop, d’ailleurs. Après un certain temps, elles ne deviennent qu’une série de mouvements répétitifs qu’on exécute en espérant que les autres joueurs, la seule variable vraiment changeante, commettent des erreurs. Les possibilités stratégiques sont donc minces.

Il n’existe aussi aucune mécanique pour décourager le sabotage, en marquant dans son propre but dans une épreuve en équipe, par exemple, ou pour simplement gâcher le plaisir des autres en se détournant de l’objectif.

Bien sûr, d’autres défis seront ajoutés au cours des prochaines saisons, et bien qu’on ait trouvé l’expérience amusante pendant un certain temps, on voit mal comment Fall Guys pourra maintenir l’enthousiasme des joueurs à long terme.

Fall Guys: Ultimate Knockout

★★★ 1/2

Développé par Mediatonic et publié par Devolver Digital. Offert sur PlayStation 4 (gratuit en août pour ceux qui ont PS Plus) et sur PC.