«Recorder: The Marion Stokes Project»: contes des 1001 nouvelles

Marion Stokes, qui hante le documentaire de Matt Wolf au gré d’archives éloquentes et de touchantes reconstitutions de ses derniers moments, apparaît dans toute sa complexité.
Photo: PBS Marion Stokes, qui hante le documentaire de Matt Wolf au gré d’archives éloquentes et de touchantes reconstitutions de ses derniers moments, apparaît dans toute sa complexité.

Bibliothécaire, membre du Parti communiste, militante pour les droits civiques, productrice télé, Marion Stokes (1929-2012) était assoiffée de vérité. Dans les années 1970, alors qu’elle se passionne pour la révolution iranienne puis pour la crise des otages américains en Iran, la native de Philadelphie se met en tête d’enregistrer tous les bulletins de nouvelles des chaînes nationales et locales afin de pouvoir réunir tous les points de vue sur chaque événement.

Mettant en péril les liens avec son fils unique et les enfants de son second mari, Marion Stokes enregistre ainsi pendant près de 35 ans toutes les infos diffusées sur les chaînes d’information en continu. À sa mort, elle laisse en héritage pas moins de 700 000 cassettes Beta et VHS entreposées dans ses neuf appartements, de même qu’un nombre faramineux de livres, de journaux, de revues, de magazines et de produits Apple. Collectionneuse émérite pour les uns, ermite souffrant du trouble du désordre compulsif pour les autres, Marion Stokes serait fière de constater que ses précieuses archives sont en processus de numérisation.

Porté par les témoignages de son premier mari, de son fils, de ses beaux-enfants et de ses trois domestiques, Recorder : The Marion Stokes Project ne trace certes pas un portrait complaisant de la dame. Au contraire, celle qui hante le documentaire de Matt Wolf au gré d’archives éloquentes et de touchantes reconstitutions de ses derniers moments apparaît dans toute sa complexité.

Recorder : The Marion Stokes Project

PBS et PBS.org, le lundi 15 juin, 22 h