Quarante bonbons télévisuels pour meubler une quarantaine (2)

Photo: Anne-Julie Dudemaine

La nécessité du confinement est mère de suggestions télévisuelles inspirées. Le Devoir a préparé une sélection très variée pour vous permettre de tenir le coup encabanés chacun dans vos chaumières. De tout pour tout le monde. Deuxième de quatre textes à venir.


Glow Up (BBC et Netflix)

Photo: Netflix

Produit par la BBC, ce concours de maquillage suit la plupart des codes de la téléréalité. Il y a des gens qui pleurent, des histoires humaines aux accents tragiques, des candidats super confiants qui se font éliminer d’office. Sans oublier les consignes parfois douteuses du type : « N’oubliez pas que, pour ce défi, votre maquillage doit être sexy, mais pas trop littéral. » Hein ? Du côté des juges, on trouve Dominic C. Skinner, maquilleur chevronné pour MAC, et Val Garland, directrice artistique pour l’Oréal. Et tendres, ils ne le sont guère. À l’animation, Stacey Dooley enlace les candidats démolis en les priant de retenir leurs larmes alors que l’effet contraire semble recherché. Néanmoins, les jeunes artistes sont ingénieux, et leurs créations valent le détour. (Même lorsqu’elles ne sont pas « sexy et littérales ».)

Natalia Wysocka


The Family Law (CBC Gem)

Photo: CBC

​À Queensland, en Australie, un ado amoureux de comédies musicales rêve de faire fureur avec la troupe de théâtre de son école. Sur la route du succès, il se heurtera néanmoins à l’intimidation, à l’homophobie, au racisme. Même si les thèmes abordés sont durs, le ton de ce feuilleton humoristique est léger et pétillant. Le tout a été imaginé par Benjamin Law, un journaliste d’origine chinoise résidant à Sydney. Et si les situations et les dialogues sonnent vrai, c’est sans doute parce qu’ils ont été tirés de son autobiographie, intitulée The Family Law. Paru en 2011, ce livre revient sur sa vie en tant que troisième enfant d’une trâlée de cinq, élevé par une mère excentrique et aimante. La production en trois saisons rythmées et rigolotes se veut d’ailleurs un hommage à cette femme, incarnée avec aplomb par Fiona Choi. Très sympa.

Natalia Wysocka


Diary of a Future President (Disney+)    

Photo: Disney+

Après le succès du Mandalorian — et de bébé Yoda —, le géant Disney vise les plus jeunes avec cette série familiale placée sous le signe de l’« inspiration ». La protagoniste est présidente des États-Unis. Avant une adresse importante à la nation, on lui livre le « cher journal » (intime) qu’elle a commencé à rédiger à 12 ans. En le relisant, la politicienne d’aujourd’hui revivra son adolescence d’hier, vécue dans une banlieue de Miami, en tant qu’enfant d’immigrants cubains. Intense, passionnée, elle y rêve déjà de justice sociale. Elle apprend aussi à composer avec le deuil de son père, la méchanceté de son ex-meilleure amie et l’indifférence du garçon pour lequel elle a un béguin. C’est Disney. Donc c’est rempli de bons sentiments. Mais c’est aussi bien fait et somme toute charmant. Sur le site spécialisé Rotten Tomatoes, la critique accorde une note… de 100 %.

Natalia Wysocka

 


Xenos à La Villette (Arte)

Photo: Danse Danse

​Il y a un an, devant le public de la Place des Arts, autant dire dans un autre univers et un autre espace-temps, Akram Khan s’arrêtait pour présenter Xenos. L’étranger. Annoncée comme la dernière œuvre solo que le grand chorégraphe et danseur londonien interpréterait jamais. La captation de cette représentation donnée à La Villette ramène à notre souvenir, et avec force, toutes les émotions ressenties alors. La trame puissante rédigée par le dramaturge ontarien Jordan Tannahill, qui suit les traces d’un soldat de l’Inde coloniale, mobilisé pour combattre dans les rangs de l’armée britannique durant la Première Guerre mondiale. L’effet soufflant de la scénographie de Mirella Weingarten, et tous ces accessoires tirés sur une pente ascendante. Akram Khan qui tente de grimper à son tour parmi les chaises et les coussins, glissant sans cesse. Puis remontant encore, dans la terre et la saleté. Son corps au service de l’histoire, chaque mouvement contribuant à raconter la peur, l’inconnu, la fuite, la bravoure, la solitude. Splendide.

Natalia Wysocka


​Les vêtements (Tou.tv)

Photo: ICI Tou.tv

​Les saisons passent, les vêtements changent. Les textures se font différentes, la palette de couleurs varie, les motifs se modifient et les matières s’adaptent à la météo. Dans ce petit bijou d’animation, la scénariste et réalisatrice Caroline Blais capte ce grand classique du tiroir qui déborde, des pantalons qui serrent à la taille, de la tache qui gâche un morceau neuf. La cinéaste nous entraîne aussi des rayons d’une boutique aux cabines d’essayage. Et nous suivons sa protagoniste tandis qu’elle fouille parmi les morceaux sur les cintres, étudie son reflet dans le miroir, son « hum » se faisant approbateur ou non selon les tenues qu’elle revêt. Alors que le ciel prend des teintes disparates, elle enfile un manteau sur un chandail de laine, découvre un trou dans une mitaine, fait sécher des robes sur la corde. Un film rempli de poésie qui fait l’effet d’un coton ouaté réconfortant.

Natalia Wysocka


Cochon dingue (Télé-Québec et sur le Squat)

Photo: Télé-Québec

Clémence a quatre ans et aime beaucoup quand on la laisse regarder le magazine jeunesse presque quotidien de Télé-Québec. Le cochon d’Inde Néo (à qui Marc Labrèche prête sa voix) et « les vraies personnes » proposent des capsules informatives, des activités et surtout de très amusants sketchs (les fameuses « pièces de théâtre ») portant sur un thème particulier, qui s’adressent aux jeunes du primaire. Mais ils savent tout de même plaire aux plus petits, et aussi un peu aux adultes qui les accompagnent dans leur écoute parfois très active.

Amélie Gaudreau


Blow-up Arte (arte.tv)

Photo: Arte

C’est tout un buffet pour les cinéphiles aguerris et néophytes que propose cette plateforme de la chaîne franco-allemande… Des dizaines de courts documentaires qui compilent toutes sortes de thèmes abordés dans les petits et les grands opus du 7e art. Des palmarès originaux (l’œuvre de compositeurs célèbres, la présence des chats, l’amour, la mort, la maladie), des collections de génériques de cinéastes importants, l’intégration d’événements historiques importants dans la cinématographie mondiale et des biographies d’interprètes marquants. Le tout généreux en archives visuelles célébrées ou plus méconnues, accompagné d’une délicieuse narration complice. De quoi s’attarder très, très longtemps, et se monter toute une liste de films à voir !

Amélie Gaudreau


Maudits légumes (matv.ca et Illico)

Photo: Matv

Les émissions culinaires se bousculent à toutes les antennes et sur toutes les plateformes. En voici une, produite avec peu de moyens, originale et drôle, qui nous apprend une foule de choses sur l’histoire de légumes, les plus communs comme les oubliés, qui ont tous la particularité de ne pas être très aimés… L’animateur Philippe Savard arrive à nous les faire apprécier en les racontant, mais surtout en demandant à des chefs de la Vieille Capitale de proposer des recettes qui les mettent en valeur.

Amélie Gaudreau


Lâcher prise (Tou.tv Extra)

Photo: ICI Radio-Canada

Après quatre saisons à suivre Valérie (Sophie Cadieux) dans ses tentatives pour reprendre le contrôle de son existence, à la voir se remettre en question et en forme, conjuguer avec un entourage pas reposant et finalement trouver l’amour et l’équilibre, il faudra se résoudre à la laisser aller. Elle et sa tribu colorée, énervée et énervante, mais tellement attachante. Les répliques assassines de Madeleine (Sylvie Léonard) et Kevin (Eric Paulhus) imaginées par l’autrice Isabelle Langlois nous manqueront après cet ultime épisode, qui suivra les péripéties autour d’un baptême qui ne sera pas reposant…

Amélie Gaudreau


Nos maisons (Savoir Média)

Photo: Adrien Williams

Pendant que nous sommes tous « encabanés », pourquoi ne pas nous intéresser aux origines et à l’évolution des types de maisons qui sont les plus courants au Québec ? C’est ce que fait admirablement, avec peu de moyens mais beaucoup de passion, cette série documentaire en six épisodes, dont chacun est consacré à un modèle de maison répandu sur notre territoire. L’animateur et chroniqueur spécialisé en développement urbain Marc-André Carignan sert de guide dans cette exploration de la maison canadienne, de la « shoebox », de la maison de vétéran, du loft, du bungalow et de la maison victorienne, dont on nous raconte les origines et dont on visite des spécimens encore à l’état quasi original et complètement rénovés en compagnie de ceux qui les habitent. De belles visites libres, riches en histoire et en histoires, qui ne s’adressent heureusement pas seulement aux amateurs d’architecture.

Amélie Gaudreau