Sur vos écrans: des quêtes et des enquêtes (suite)

Photo: Canal D

Ambitieux « true crime » québécois

 

Le documentaire criminel, qu’on classifie sous le vocable anglais de « true crime », a la cote depuis quelques années, autant en format balado qu’au petit écran, tout particulièrement chez nos voisins du sud. La tendance commence à se faire sentir chez nous, avec les récents Le dernier soir et Meurtrier sur mesure, deux séries documentaires qui avaient pour objectif de tenter d’élucider des affaires de meurtre irrésolues. La série Sur les traces d’un tueur en série suit ce modèle, mais s’avère beaucoup plus ambitieuse parce qu’on tente de faire la lumière non pas sur un seul crime violent, mais sur des dizaines de meurtres de femmes qui se sont produits dans les années 1970 et 1980, une période particulièrement « fertile » en matière d’homicides au Québec, dont une bonne part restait impunie.

Les huit épisodes racontent la patiente enquête non policière de Claude Sarrazin, Sophie Charest et Guillaume Louis pour établir des liens entre les morts violentes d’une soixantaine de victimes qui se sont produites entre 1970 et 1980, dont plusieurs d’entre elles étaient originaires d’un périmètre très restreint sur le Plateau Mont-Royal. La piste d’un tueur en série n’avait jusque-là jamais été explorée. C’est ce que font les protagonistes de cette série haletante mais jamais survoltée, grâce à leurs recherches dans les journaux de faits divers de l’époque, à des entrevues avec les familles des victimes et des témoins encore trouvables, et aussi de précieux documents que ceux-ci ont toujours en leur possession et qui ne sont pas accessibles autrement. Cette quête ambitieuse se suit comme un bon polar, dont on a hâte de découvrir le dénouement.


Sur les traces d’un tueur en série
Crave, dès mardi et Canal D, jeudi, 20 h

 

Et à la fin, le paradis ?

 

De nos jours, les comédies proposées par les grands réseaux de télé américains sont pour la plupart « inoffensives », remplies de bons sentiments et expurgées de gros mots… et de potentiel à controverses. Et elles laissent bien souvent les critiques de glace. The Good Place était l’une des rares exceptions à cette tendance lourde. Cette comédie qui racontait le passage au « paradis » (le « bon endroit » du titre) propet de défunts qui ne méritaient pas de se retrouver à cet endroit a offert aux téléspectateurs des revirements de situation et des coups de théâtre admirables, montrant des côtés sombres d’un au-delà plus nuancé qu’on peut parfois l’imaginer et peuplé de gens aussi mal intentionnés que dans le monde des vivants. La série a également eu l’immense mérite d’aborder des questions éthiques et philosophiques qui nous taraudent tous un jour ou l’autre : peut-on s’améliorer ? Peut-on feindre des vertus « morales » ? Le mensonge « utile » est-il moralement acceptable ? Les deux derniers épisodes de cette divertissante odyssée ayant pour thème central la morale sont diffusés jeudi. Ça peut être l’occasion d’y plonger pour mieux la reprendre du début.


The Good Place
NBC et Global, jeudi, 20 h 30. Les trois premières saisons sont disponibles sur Netflix. En version française à Elle fictions dès le 26 février.

 

L’année des femmes

 

La chanteuse Alicia Keys assure pour une deuxième année consécutive l’animation de la grande fête de la musique américaine. Cette édition est marquée par l’essor de deux artistes féminines qui ont brassé la cage en 2019, dans le bon sens du terme : Lizzo et Billie Ellish, qui se retrouvent en tête de course avec respectivement huit et six nominations et feront partie des artistes en performance durant le gala, tout comme les autres « jeunesses » Ariana Grande, H.E.R., Demi Levato et la « vétérante » Gwen Stefani.


The 62nd Annual Grammy Awards
CBS et CityTv, dimanche, 20 h

 

Encore et toujours Ali

 

Présenté en version originale à HBO le printemps dernier, ce documentaire en deux parties consacré à « The Greatest » le raconte une nouvelle fois à travers des images d’archives inédites, des extraits d’entrevues rares et des recoupements entre son existence et le climat politique des années 1960.


Je m’appelle : Mohamed Ali
Canal D, jeudi, 22 h, suite le 6 février, même heure

Les visionnements en continu

Les séries originales dans d’autres langues que celle de Shakespeare sont de plus en plus nombreuses à trouver leur place dans le catalogue du géant rouge. Deux productions entrant dans cette catégorie attirent notre attention pour des raisons bien différentes. La première, une série de science-fiction, nous entraîne dans un monde réputé « sans violence » où chacun est suivi en permanence par un drone. On est curieux d’y suivre les aventures d’une technicienne en information qui fait tout pour s’extirper de la mire de son drone personnel pour élucider un meurtre. La seconde, un drame fantastique aux accents historiques (ou est-ce le contraire ?), raconte le destin tragique d’une jeune sage-femme italienne du XVIIe siècle, accusée de sorcellerie, qui trouve refuge auprès d’une communauté de… sorcières. Cette fois, c’est l’équipe de réalisation et de scénarisation entièrement féminine, dont les membres ont travaillé sur des productions de grande qualité (Gomorrah, Il Miracolo, L’amie prodigieuse) qui nous donne envie de donner une chance à cette série fantastique aux accents féministes.
 

Omnisciente et Luna Nera

Netflix, respectivement dès mercredi et dès vendredi