Julie Snyder à la puissance 4

Julie Snyder, lors de l’annonce de son retour télévisuel, mardi
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Julie Snyder, lors de l’annonce de son retour télévisuel, mardi

« Je suis comme un cheval qui retourne à l’écurie après avoir traversé le désert », a lancé mardi matin Julie Snyder. C’est qu’après trois ans, loin des caméras et vingt ans après son dernier talk-show, l’animatrice et productrice présentera dès le 6 janvier une nouvelle émission sur les ondes de V, sous le nom La semaine des 4 Julie. Et si le format du talk-show est déjà vu, elle espère y donner « un coup de balai, un coup de modernité et de jeunesse ».

C’est dans une longue robe blanche en forme de couette de lit — avec ses oreillers en guise de collet — que Julie Snyder est apparue sur scène mardi lors de l’annonce des détails de sa nouvelle émission, qui sera diffusée du lundi au jeudi, entre 21 h et 22 h.

Le titre, a expliqué le co-concepteur Stéphane Laporte, fait notamment référence aux multiples facettes de l’animatrice, qui peut être à la fois très audacieuse, farceuse, mais aussi curieuse.

Présente de longues années sur les ondes du réseau TVA — sa collaboration s’est terminée non sans heurts avec la populaire émission Le banquier —, Julie Snyder reviendra donc devant la caméra du côté de V, là où elle a récemment été active comme productrice avec des émissions comme Occupation double et Phil s’invite.

« Je pensais que je ne reviendrais pas, bien franchement, a expliqué Snyder devant les journalistes. Je n’avais pas de pare-brise un moment donné, pas de wiper, il neigeait fort et j’essayais de sortir ma tête pour voir si j’étais sur le bon chemin […] En résumé : on revient de loin. Maintenant on voit loin. »

Chez le diffuseur V, on se réjouit grandement de pouvoir compter sur Julie Snyder pour l’émission de fin de soirée.

Brigitte Vincent, la vice-présidente au contenu de V, a expliqué que la chaîne avait mené une étude pour savoir si la greffe pouvait prendre, et les résultats se sont avérés fort positifs. « On tombe complètement sur le “X” de V », qui mise beaucoup sur ce qui est audacieux et qui touche la jeunesse.

À ce sujet, Julie Snyder précise et insiste : la jeunesse n’est pas l’âge. « Tu peux avoir 20 ans et être vieux dans ta tête, ou avoir 70 ans et être jeune dans ta tête. […] Les gens qui sont anticonformistes, qui sont jeunes, espiègles, curieux, il y en a de tous les âges. C’est ce public-là qu’on vise et qu’on espère rejoindre et toucher. »

Pour ce faire, La semaine des 4 Julie mettra en vedette une vingtaine de collaborateurs en tous genres, qui viendront ajouter leur univers respectif aux invités habituels. Ceux-ci seront avec l’animatrice sur un plateau que l’on promet unique en son genre.

Parmi les chroniqueurs aux types assez variés, on note entre autres les humoristes Marie-Lyne Joncas et Arnaud Soly, le satiriste Olivier Niquet (de La soirée est encore jeune), la musicienne Marième, le plongeur Mario Cyr, l’envoyée spéciale de Paris Match en sol américain Pauline Lallement et Stéphane Leclair.

On pourra aussi entrer dans les coulisses du « bordel » familial de la chanteuse Mélissa Bédard — elle a six enfants — ainsi que dans le processus de vaginoplastie de Khate Lessard, cette femme trans qui a fait partie d’Occupation double cette saison.

La semaine des 4 Julie accueillera aussi des invités moins connus, mais qui portent un message intéressant, comme Zelda La Grange, l’ancienne assistante particulière de Nelson Mandela.

Un véhicule et du trafic

Le concepteur Stéphane Laporte estime que la formule du talk-show n’est peut-être pas neuve, mais que « c’est un véhicule qui te permet de raconter des choses, de faire vivre des expériences à la télé. [Les collaborateurs] viennent avec leur génération, leur sang neuf. Et pour eux, c’est la première fois qu’ils vont s’emparer d’un talk-show, ils vont pouvoir faire ce qui ne s’est pas fait encore. »

Visiblement, l’équipe de l’émission qui s’enregistrera devant public aura les moyens de ses ambitions. « Ce n’est pas un show cheap, a affirmé Brigitte Vincent. Tout est là pour que vraiment ça en jette. »

Quant à la case horaire de 21 h, Mme Vincent dit l’avoir beaucoup étudiée, la tradition voulant que les émissions de soir commencent à 22 h, après les fictions. « Le 21 h, c’est le nouveau 22 h, dit-elle. La recherche a vraiment démontré que les paires d’yeux sont là à cette heure-là. »

Stéphane Laporte croit qu’en raison des routes bloquées de plus en plus tôt par le trafic automobile, les Québécois avaient tendance à se lever plus tôt, donc à se coucher moins tard. « De 22 h à 23 h, on perdait le monde. »

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