«Choc migratoire»: tout exil est aussi souffrance

«Choc migratoire» mêle les récits de destins qui n’ont rien en commun, jouant sur des notes tantôt tragiques, tantôt aigres-douces.
Photo: UNIS «Choc migratoire» mêle les récits de destins qui n’ont rien en commun, jouant sur des notes tantôt tragiques, tantôt aigres-douces.

« Ma valise, je veux la déposer, ma valise, je veux vous l’offrir, ma valise, je vous l’offre comme un cadeau. » Ces quelques vers scandés dans Choc migratoire résument les vertiges du migrant qui, dans sa traversée du miroir, ne peut se contenter d’aller à la rencontre de celui qui l’accueille, mais doit aussi se mesurer à lui-même. Une aventure limite qu’Hélène Magny décrit avec une sobriété poignante en interrogeant des immigrants, mais aussi leurs enfants et ceux qui les accompagnent.

Arrivée d’Égypte à l’adolescence, Muriel Bittar a vécu durement la déchirure. « Ici, papa sentait qu’il ne valait rien ; tout ce en quoi il croyait ne voulait plus rien dire. Ça l’a cassé. […] Papa s’est suicidé. » Le suicide est aussi dans les pensées d’une jeune femme d’origine haïtienne qui raconte comment la violence à la maison l’a conduite en centre jeunesse. « Dans la tête [de ma mère], ce n’était pas de la violence, c’était de la correction, de l’éducation. » La violence physique a cessé depuis, mais la violence psychologique se poursuit. « J’ai l’impression d’être un fardeau pour le monde. »

Kaléidoscopique, ce Choc migratoire a les défauts de ses qualités. Il mêle les récits de destins qui n’ont rien en commun, jouant sur des notes tantôt tragiques, tantôt aigres-douces. De ces petites et grandes fractures émergent pourtant d’impressionnantes lignes de force, dont ce cri du cœur très juste d’une jeunesse qui tente de s’épanouir entre le monde perdu de ses parents et un Québec qui les force à reprendre de zéro.

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Choc migratoire

Lundi, Unis, 21 h ; en rediffusion mercredi, 12 h 30, jeudi, 1 h 30 et dimanche 14 h 30