Un pays nommé Jean-Claude Labrecque

Le cinéaste Jean-Claude Labrecque
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le cinéaste Jean-Claude Labrecque

Jean-Claude Labrecque, qui a passé près d’un demi-siècle derrière la caméra (et non devant), n’est visiblement pas habitué à se retrouver sous les projecteurs. Le mettant en avant, le film Labrecque, une caméra pour la mémoire, signé Michel La Veaux (Hôtel La Louisiane), se révèle un précieux document d’histoire et de cinéma.

L’impression est forte : Michel La Veaux, lui-même directeur photo avant d’être réalisateur (comme Labrecque), nous prend par la main pour un bon voyage en images, en paroles, en émotions. Faire le portrait de celui qu’il considère comme une référence, c’est revenir sur les balbutiements du cinéma québécois, sur son implosion, sur sa portée identitaire. « Quand tu tournes un gros plan de visage, tu tournes un pays, tu perçois le pays », dit Jean-Claude Labrecque.

Le son des moteurs habite les images, comme si cette vie consacrée aux vues ne pouvait se passer de ce ronronnement plus rassurant que dérangeant. Les nombreux extraits, La Veaux les filme parfois à travers la cabine de projection, parfois directement devant l’écran.

Dans ce film (ici écourté pour entrer dans la case horaire télé), Labrecque parle de technique, livre quelques-uns de ses secrets. Devant une vielle Arriflex, il admet avoir appris à voir sans viser. Il confie avoir toujours mis un point de lumière dans les yeux des acteurs, pour la brillance. Il n’a jamais cherché à imposer ses idées, préférant le silence à la discussion.

Labrecque, une caméra pour la mémoire

À 1001 vies, ICI Radio-Canada, samedi, 19 h