Le CRTC imposera des seuils de nouvelles locales aux télédiffuseurs

Après des années de compressions et de réduction de temps d’antenne, la programmation et l’information locales à la télévision reçoivent un peu d’oxygène des autorités réglementaires.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a en effet annoncé mercredi qu’il imposera de nouveaux seuils minimaux de nouvelles locales aux télédiffuseurs et lance une consultation à cet effet, dès maintenant, en vue d’audiences publiques en novembre. Les décisions sur d’éventuels nouveaux seuils d’information locale seront connues au moment du renouvellement des licences des diffuseurs privés.

Le CRTC note que « l’émergence de nouvelles technologies a facilité l’accès […] aux actualités provenant d’ici et d’ailleurs », mais il reconnaît du même souffle que les nouveaux médias n’ont ni les ressources ni l’expertise requises pour remplacer les nouvelles locales traditionnelles.

Or les télédiffuseurs qui ont cette expertise ont vu leurs revenus de publicité péricliter au profit de nouveaux joueurs et ont conséquemment réduit la production et l’information locales.

Dès maintenant, toutefois, le CRTC permet aux grands distributeurs privés comme Vidéotron de cesser de financer une télé communautaire à Montréal, où l’on juge l’offre locale suffisante, et de réduire de moitié le financement de ses télés communautaires dans les autres villes pour réorienter l’argent vers la production d’information locale dans les antennes de TVA en région. L’organisme évalue à près de 67 millions de dollars les ressources qui seront ainsi libérées à travers le Canada.

Création d’un fonds

Par ailleurs, le Conseil annonce la création d’un Fonds pour les nouvelles locales indépendantes, qui mettra quelque 23 millions à la disposition des stations indépendantes pour la production de nouvelles locales.

Au Québec, ce fonds appuiera les opérateurs indépendants — V-Télé, RNC Média et Télé Inter-Rives — à Montréal, à Québec, à Gatineau, à Trois-Rivières, à Sherbrooke, à Saguenay, à Rouyn-Noranda, à Val-d’Or, à Rivière-du-Loup et à Carleton.

Du côté des télés communautaires indépendantes, le CRTC maintient le modèle actuel d’hébergement par les câblodistributeurs, qu’il qualifie de succès, mais il impose de nouvelles mesures pour assurer une programmation à contenu local et faire en sorte que la plus grande partie du financement soit dirigée vers la production plutôt que vers des coûts de fonctionnement.

Révision possible

Pour l’instant, le CRTC maintient à cinq heures par semaine la programmation locale exigée des télédiffuseurs en région, mais cette norme sera sujette à révision lors du renouvellement des licences des télédiffuseurs.

De leur côté, les stations de langue anglaise devront diffuser au moins sept heures de programmation locale dans les marchés régionaux et 14 heures par semaine dans les marchés métropolitains, dont celui de Montréal.

Pourtant, selon l’organisme, la moyenne hebdomadaire d’heures d’écoute des nouvelles canadiennes est de plus de 28 % du total d’heures d’écoute chez les francophones et de plus de 23 % chez les anglophones.

Le CRTC a publié mercredi un avis de consultation qui déclenche le processus de renouvellement de licences de télévision détenues par les grands groupes de propriété.

L’audience publique pour examiner les demandes des groupes de langue française, soit Bell, Corus, Québecor et Groupe V, aura lieu à partir du 22 novembre 2016 à Laval.

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