Le Festival des arts toujours plus rassembleur à Saint-Sauveur

Le festival présente chaque année une grande variété de styles de danse, dans le but d’offrir plusieurs possibilités à son public, qui ne connaît pas nécessairement bien le milieu de la danse contemporaine.
Photo: Isabelle Michaud Le festival présente chaque année une grande variété de styles de danse, dans le but d’offrir plusieurs possibilités à son public, qui ne connaît pas nécessairement bien le milieu de la danse contemporaine.

Le Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS), qui en est à sa 31e année, attire plus de touristes et de visiteurs étrangers que jamais. La petite ville des Laurentides est même devenue une destination phare pour la danse au pays, grâce aux efforts des danseurs Guillaume Côté et Étienne Lavigne, à la barre de l’événement depuis 2014 et 2016 respectivement.

« Les ventes de billet ont augmenté de 75 % en quatre ans, depuis qu’on est arrivé », soutient Étienne Lavigne, directeur général du FASS. Il se félicite aussi de l’attrait touristique de l’événement : « 30 % de notre public vient de l’extérieur de la région, et 2 % viennent de l’étranger spécialement pour le festival, c’est beaucoup. »

« Année après année, le festival attire plus de gens de l’extérieur, et on constate d’importantes retombées économiques dans les boutiques, les hôtels, et les restaurants », se réjouit quant à lui Jacques Gariépy, maire de la ville depuis 2013. « C’est intéressant, parce que ça attire une clientèle qu’on ne verrait pas autrement à Saint-Sauveur », ajoute-t-il.

Guillaume Côté, directeur artistique du FASS, ne cache pas que la popularité grandissante du festival est notamment due à sa réputation en tant que danseur. Promu danseur principal au Ballet national du Canada en 2004, il s’est illustré sur de prestigieuses scènes à l’étranger, comme le Théâtre Bolchoï et le Metropolitan Opera de New York.

« Jusqu’à tout récemment, je n’étais pas du tout connu au Québec, mais je suis fier d’avoir eu une belle carrière. On a misé là-dessus pour faire la promotion de l’événement, et sur mes contacts pour bâtir notre ambitieuse programmation », dit-il.

Étienne Lavigne, qui fut lui aussi danseur au Ballet national du Canada et gérant de Guillaume Côté, croit que le FASS s’est également taillé une réputation enviable grâce à ses « soirées des étoiles », où il invite chaque année des danseurs étoiles de compagnies étrangères prestigieuses, ainsi que grâce à ses invités célèbres, tels que Marie Chouinard et Margie Gillis l’an dernier.

Comme pour marquer l’évolution du festival régional vers un événement bien établi et reconnu, le spectacle Crypto, de Guillaume Côté lui-même, sera présenté à nouveau sous le chapiteau blanc jeudi. Crypto avait d’abord été présenté en première internationale au FASS en tant que création originale en 2019, et il revient donc cette année, « fort d’une grande tournée dans une dizaine de villes », dit Guillaume Côté.

Le FASS présente d’ailleurs chaque année au moins un spectacle « de création » concocté sur mesure pour l’événement. Cette année, il s’agit d’un programme double qui sera présenté mercredi 3 août, avec deux créations des chorégraphes québécoises Virginie Brunelle et Anne Plamondon.

« Un autre élément clé de notre succès est notre collaboration avec l’Orchestre Métropolitain », soutient Étienne Lavigne. L’orchestre de Yannick Nézet-Séguin vient régulièrement au FASS. Il interprétera, entre autres, la Symphonie no 5 de Beethoven, vendredi.

« Démocratiser » la danse

Le FASS présente chaque année une grande variété de styles de danse, dans le but d’offrir plusieurs possibilités à son public, qui ne connaît nécessairement bien pas le monde de la danse contemporaine, selon Guillaume Côté.

Le spectacle de dimanche dernier, One. One & One, de la Vertigo Dance Company, qui a beaucoup tourné à l’étranger, a d’ailleurs obtenu une longue ovation. Rassemblant neuf danseurs qui, au fil de leur chorégraphie sensuelle et frénétique, couvrent de terre le sol de la scène, le spectacle est représentatif « du niveau qu’on veut amener à Saint-Sauveur », dit Guillaume Côté.

Ce dernier ajoute que le FASS organise aussi de nombreux événements gratuits à l’extérieur, dans le but de « démocratiser » le milieu « hermétique » de la danse. Étienne Lavigne raconte que leur événement Les sentiers de la danse, qui affiche complet cette année, est leur plus grand succès à cet égard. Il s’agit de parcours déambulatoires gratuits, sur réservation, dans des sentiers balisés de la forêt du parc John-H.-Molson, où sont organisées des performances de danse et de musique.

Le festival tente également de se rapprocher du monde du hip-hop d’année en année, explique Guillaume Côté. C’est pourquoi il a présenté, pour la deuxième fois, un dance battle de danses urbaines, dont de breakdance. Cet événement, qui a eu lieu au parc John-H.-Molson, était gratuit également.

Projet de centre culturel

 

« Les infrastructures pour accueillir le festival sont de moins en moins suffisantes », reconnaît toutefois le maire de la ville, Jacques Gariépy. « Le chapiteau qu’il loue cette année peut accueillir 400 personnes, c’est nettement insuffisant », ajoute-t-il.

C’est pourquoi les deux directeurs du festival souhaitent faire construire, avec l’appui de la Ville, un nouveau centre culturel au centre-ville. Pour l’instant, ils n’utilisent que des installations éphémères. Une salle de spectacle permanente leur permettrait non seulement d’élargir leur public, mais aussi, comme l’indique Guillaume Côté, d’organiser des événements à longueur d’année.

« En 2021, la Ville et le Festival des arts ont signé un protocole d’entente » pour définir les modalités du projet « sur une période de trois ans », explique Jacques Gariépy. Un terrain au centre-ville a déjà été donné au Festival par la Ville.

« On veut faire grandir chaque aspect du festival », conclut quant à lui Guillaume Côté, qui précise que cela « doit passer » par cette salle permanente.

Le FASS bat son plein jusqu’au dimanche 7 août. C’est la compagnie de danse cubaine Malpaso Dance Company qui assurera le spectacle de clôture.

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