L’essence de la culture hip-hop, façon Creative Boost

Danse née à la fin des années 1990, le krump s’inspire de son ancêtre, le clowning, ainsi que des danses rituelles de tribus africaines. Avec sa gestuelle assumée et tout en contrôle, le danseur de krump utilise le pouvoir de la colère pour exprimer ses émotions et raconter une histoire par ses mouvements.
Photo: Axelle Munezero Danse née à la fin des années 1990, le krump s’inspire de son ancêtre, le clowning, ainsi que des danses rituelles de tribus africaines. Avec sa gestuelle assumée et tout en contrôle, le danseur de krump utilise le pouvoir de la colère pour exprimer ses émotions et raconter une histoire par ses mouvements.

Les salles sont toujours fermées, mais la danse n’en poursuit pas moins ses explorations. Une compétition (ou battle) de danse de rue, le krump, est offerte en ligne cette semaine avec l’organisme 100Lux. Le Devoir s’est entretenu avec la fondatrice de l’organisme, Axelle Munezero.

Danse née à la fin des années 1990, le krump s’inspire de son ancêtre, le clowning, ainsi que des danses rituelles de tribus africaines. Avec sa gestuelle assumée et tout en contrôle, le danseur de krump utilise le pouvoir de la colère pour exprimer ses émotions et raconter une histoire par ses mouvements. Comme les autres danses de rue, le krump s’apprend et se pratique entre pairs, dans la rue, dans les studios et lors de battles. Dimanche, ce style de danse de rue s’amène en direct dans votre salon.

L’organisme 100Lux, qui fait la promotion de la culture hip-hop et qui aide les danseurs de rue professionnels à s’intégrer dans la communauté de danse de Montréal, a lancé au début du mois de décembre Créative Boost, des battles en direct sur Internet. Un projet en réponse à la pandémie actuelle.

« On s’est rendu compte que nous, les danseurs de rue, on était un peu mis de côté. On ne fait pas forcément partie d’écoles de danse ou de compagnies… on est comme dans une craque, il fallait trouver une solution », explique la fondatrice de l’organisme, Axelle Munezero.

Après plusieurs semaines de réflexion avec son équipe, c’est l’idée de battles qui lui est apparue finalement la plus évidente. « Le manque le plus criant, c’était d’être ensemble et d’échanger », explique Axelle. Et la diffusion en direct, une seule et unique fois, a aussi fait partie du choix artistique de100Lux. Le principe est de créer un événement unique, de réunir les gens, qu’ils soient dans la salle ou chez eux. « En plus, les gens peuvent [clavarder]et interagir avec nous, alors ça donne un feeling d’instantané, comme une vraie battle finalement », poursuit-elle.

Sortir de Montréal

Et c’est un événement 100 % maison qui a été créé. En effet, n’ayant pas les moyens financiers d’investir dans une maison de production, les complices de 100Lux se sont équipés. Deux caméras, la location d’une salle, un budget pour rémunérer l’animateur et les danseurs, et c’était parti ! La réponse s’est rapidement fait sentir dans la communauté hip-hop. « C’est fou ! On n’a jamais vu de notre vie autant de gens s’inscrire d’avance à une battle. En quelques jours, toutes les places étaient prises ! » raconte la jeune artiste. Côté public, même constat : plus de 200 personnes sont au rendez-vous à chaque épisode de Créative Boost. « Les gens sont super actifs et nous envoient plein de messages pour nous remercier d’avoir organisé ces battles », explique Axelle.

En plus de la communauté hip-hop qui avait envie de ce genre d’événement, c’est aussi un tout nouveau public que Creative Boost attire. « Ça permet à des gens qui ne seraient peut-être jamais venus à une battle de découvrir ce que c’est, de comprendre les codes et, pourquoi pas, de se sentir plus à l’aise d’y participer une prochaine fois ! » poursuit-elle. Des personnes de Vancouver, de Toronto et même de l’international se sont regardé les différents épisodes, une manière de se sensibiliser à la culture hip-hop et au travail des artistes d’ici, au-delà des frontières.

On s’est rendu compte que nous, les danseurs de rue, on était un peu mis de côté. On ne fait pas forcément partie d’écoles de danse ou de compagnies… on est comme dans une craque, il fallait trouver une solution.

 

Pour garantir la sécurité de tous, les mesures sanitaires sont respectées à la lettre. Avant chaque événement, les bénévoles de 100Lux désinfectent la salle du plancher au plafond. Les danseurs sont divisés en groupe de six et gardent leur masque pour le réchauffement. « Ensuite, tout le monde rentre chez soi et on renettoie. Puis, on appelle les huit finalistes qui participeront à la battle du soir », ajoute la danseuse. Lors de la bataille, c’est à chacun de décider de garder ou non son couvre-visage. Dans tous les cas, les quelques membres de l’organisation présents et les danseurs finalistes restent à deux mètres les uns des autres. En plus de la compétition, deux performances ont aussi lieu en direct, généralement réalisées par le juge ainsi qu’un artiste invité.

Ce dimanche, le comédien Preach (Érich Étienne) animera la soirée et Ozcar the Grouch AKA Lil Bruiser (Ja James Britton Johnson) jugera les huit danseurs sélectionnés dans la journée. Un bon moyen de s’immiscer dans l’essence même de la culture hip-hop.

Malgré les incertitudes qu’on connaît tous, 100Lux prépare actuellement son festival annuel. Sans avoir de date précise pour le moment, la fondatrice espère pouvoir proposer une formule hybride, avec un public sur place et des directs en ligne. « Cette année, on souhaite inviter les gens dans les lieux qui nous sont chers,  les lieux qui nous rassemblent, pour montrer l’essence de notre communauté », conclut Axelle Munezero.

Survie collective

Autre nouveauté cette semaine, les danseurs du légendaire Opéra national de Paris s’invitent à la maison avec la première canadienne du film Body and Soul, offerte en ligne. Conçue par la chorégraphe canadienne Crystal Pite, Body and Soul est une pièce en trois volets, créée pour 36 danseurs et enregistrée en 2019.

C’est le second ballet que Pite crée pour la fameuse compagnie française. The Season’s Canon, en 2016, avait reçu un accueil élogieux lors de sa présentation. Cette fois-ci, c’est donc dans un format de long métrage (85 minutes) qu’on retrouve la chorégraphe de renom. Avant la diffusion de l’oeuvre chorégraphique, une entrevue avec Pite et son équipe viendra compléter la proposition cinématographique.

Entre virtuosité et force, Body and Soul cherche à incarner la dualité de la psyché humaine. L’oeuvre débute avec un texte en voix hors champ, qui décrit une scène de conflit entre deux individus. Petit à petit, le texte s’incarne dans les corps des danseurs qui développent une tension palpable entre eux. À travers des duos, des solos et des moments d’ensemble, la chorégraphie s’arrime à un esprit de survie collective. Un portrait intime et bouleversant de la complexité de la nature humaine. 

Le film Body and Soul est proposé du 17 au 23 février, en réservation sur le site de Danse Danse.

Creative Boost TV — épisode 4. Krump

Une production de 100Lux, dimanche 21 février, de 18 h à 19 h, en ligne. Entrée : 17 h 45. Contribution volontaire.