Portrait-robot de la danse et des danseurs

L’Observatoire de la culture et des communications du Québec a dévoilé la semaine dernière son enquête statistique auprès des danseurs et chorégraphes du Québec. L’exercice permet de dresser un portrait-robot des danseurs et des conditions d’exercice du métier. Regard sur quelques points saillants, tous de chiffres.

En 2010, le Québec comptait quelque 650 danseurs et chorégraphes, dont 73 % de femmes. Métier de jeunes, 50 % de cette cohorte était constituée d’individus de moins de 35 ans, comparativement à 38 % pour les autres professions culturelles.


Qui se ressemble s’assemble : un certain « montréalocentrisme » teinte conséquemment le paysage : 79 % des artistes en danse du Québec se concentrent sur l’île de Montréal. La grande région de la capitale nationale accueille 5 % des professionnels, les autres régions en comptent 6 %.


En 2009, le revenu moyen tiré de la danse se chiffrait à 13 900 $, un montant déjà sous le taux de faible revenu, où l’on doit encore soustraire les dépenses liées à la pratique de l’art - classes d’entraînement, stages de formation, location de studio, etc. Un peu plus du tiers des artistes doivent ainsi tirer l’essentiel de leur revenu d’une autre activité que la danse. Une équation qui explique que les danseurs peuvent consacrer 54 % de leur temps de travail à des activités professionnelles non rémunérées mais connexes, tels l’entraînement, la gestion de carrière ou l’engagement bénévole.


Une surprise ? Les danseurs sont fort scolarisés. 54 % d’entre eux ont obtenu un diplôme universitaire, comparativement à 23 % de la population active québécoise pour une même année.


La disparité hommes-femmes, dans un milieu à forte majorité féminine, ressort aussi des résultats. Le portrait des danseurs ayant un très faible revenu de création trace des visages de femmes, diplômées de l’université, en début de carrière. La prédominance des femmes diminue avec l’âge. Chez les danseurs ayant un revenu de création élevé, on voit des hommes de plus de 45 ans, sans diplômes. Effet de rareté ou vieux schème misogyne ? Il serait intéressant qu’une lecture sociologique ou féministe se penche sur ces données.


L’enquête analyse aussi la distribution des bourses, le nombre de productions, les tournées, l’influence de l’art sur l’avenir professionnel ou sur la décision d’avoir des enfants.


Au final, la danse continue de gagner son public. En 2010, 229 000 spectateurs ont vu un des 725 spectacles payants présentés. Ce qui fait près de deux spectacles par soir. Considérant la concentration montréalaise, devra-t-on se demander un jour s’il y a trop de spectacles ? L’assistance moyenne a été de 316 spectateurs par représentation, et les revenus de billetterie ont atteint 7,1 millions de dollars. La vitalité du marché, selon l’Observatoire, semble se poursuivre pendant l’année 2011.

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